Finistère: un compte épargne pour réduire ses émissions de CO2

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Finistère

L’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard le 24 août 2013 à La Rochelle
© AFP/Archives Xavier Leoty

Brest (AFP) – Un compte épargne pour inciter ménages et entreprises du Finistère à réduire leurs émissions de CO2 a été officiellement lancé lundi à Brest par une jeune société soutenue par l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, défenseur d’une économie « positive ».

« Jusqu’à présent la plupart des Français ont une vision de l’écologie noire, parce que ça veut dire règlements, interdictions, suppressions, coûts, taxes, l’horreur… », a déploré M. Rocard lors du lancement de cette initiative pilote qui a reçu un agrément de l’Etat. C’est « une de mes colères contre nos copains qui gouvernent », a-t-il reconnu, en faisant référence à sa famille politique.

« Jusqu’à présent nous n’avons eu de l’écologie que les empoisonnements au nom desquels on complique notre vie quotidienne », a assuré l’octogénaire, faisant notamment implicitement référence à l’écotaxe poids lourds.

« Or, c’est notre survie. Si on continue a produire des gaz à effet de serre, on va transformer la planète en poêle à frire et en moins d’un millénaire la vie deviendra impossible », a-t-il assuré, vantant le projet de l’entreprise brestoise « 450 ».

Celle-ci propose de récompenser les ménages, entreprises, mais aussi les collectivités en leur distribuant des kg de CO2 virtuels lorsqu’ils réduisent leurs émissions.

Ainsi, dans le cas du changement d’une chaudière au fioul, émettant 7.000 kg de CO2 par an, pour une fonctionnant au bois, il est possible de placer sur ce « compte épargne CO2 » ces 7.000 kg. Même principe dans le cas d’un changement de fenêtres, de l’isolation d’une maison ou de l’utilisation des transports en commun, après dépôt des justificatifs correspondants.

Ces kilos de CO2 sont ensuite utilisés comme une monnaie pour acheter des biens et services sobres en dioxyde de carbone auprès des partenaires de l’opération. Ils peuvent ainsi servir à payer une partie d’un vélo électrique, à acheter des billets de trains (grâce à un partenariat avec la SNCF) ou des tickets de bus. Mais ils peuvent également être valorisés à hauteur de 52,64 euros la tonne actuellement.

« L’écologie devient enfin une chance de vivre autrement, de faire quelques économies et d’avoir un comportement plus paisible et plus adapté au monde qui vient », a assuré Michel Rocard, vantant le coté « positif » de la démarche, qui en cas de succès sera étendue à tout le territoire national.

La jeune société a déjà levé 300.000 euros et prépare un tour de table de 600.000 euros pour accélérer son développement.

© AFP

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