Les réfugiés de la pollution urbaine en Chine

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Quartier d’affaires de Pudong et le fleuve Huangpu, Shanghai, République populaire de Chine (31°14’ N – 121°30’ E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude

Après l’exode rural, un phénomène inverse voit le jour en Chine. Pour l’instant encore minoritaire, il concerne un petit nombre d’habitants des villes qui partent s’installer à la campagne pour échapper à la pollution des grandes villes. Le  New York Times revient sur cette tendance au travers du portrait de migrants qui se sont installés à Dali dans la province montagneuse et verdoyante du Yunnan au sud-ouest de la Chine. Ainsi, Lin Liya, 34 ans,  accompagnée de son mari et de son jeune fils, ont quitté la ville industrielle de Canton pour y trouver une meilleure qualité de vie. La jeune femme a abandonné sa carrière dans un groupe norvégien pour ouvrir un  magasin. Elle justifie son choix : « je pense que le luxe, c’est du soleil, un bon air et une eau de qualité. Mais dans les grandes villes, vous ne pouvez pas avoir ces choses-là. » En général, ces néo-ruraux chinois sont poussés non seulement par le désir d’offrir un environnement sain à leur enfant (des médecins ont diagnostiqué un cancer du poumon chez une enfant de 8 ans et mis en cause la pollution de l’air) mais aussi par la volonté de ne plus subir le stress de la vie urbaine avec la pollution, les encombrements routiers, le bruit, l’augmentation du coût de la vie.

Le retour à la terre pour les réfugiés urbains

A Dali, certains locaux surnomment les nouveaux-venus les « réfugiés environnementaux » ou encore « les immigrants de l’environnement ». Difficile d’évaluer leur nombre – il n’existe pour le moment aucune estimation chiffrée de ce phénomène, qui touche plutôt certaines catégories de la classe moyenne ou aisée chinoise. Mais cette nouvelle tendance reste probablement très minoritaire. L’exode rural se poursuit en Chine : de nombreux ruraux continuent de gagner les petites villes et les villes moyennes pour y trouver un travail. La pollution dans les métropoles chinoises dépasse fréquemment les seuils conseillés par l’OMS et est due à la combustion du charbon, au chauffage, à la cuisine et au trafic routier.

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