Climat: les ONG claquent la porte de la conférence de Varsovie

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De jeunes militants égologistes issus d’organisations internationales manifestent à Varsovie, le 18 novembre 2013
© AFP/Archives Janek Skarzynski

Varsovie (AFP) – Les grandes ONG environnementales ont claqué jeudi la porte de la conférence internationale sur le climat à Varsovie, un coup d’éclat sans précédent pour dénoncer des pourparlers, censés poser les fondations du grand accord de 2015 mais qui ne « débouchent sur rien ».

« Les organisations et mouvements représentant la société civile aux quatre coins du monde ont décidé de faire un meilleur usage de leur temps en se retirant des pourparlers de Varsovie », ont-elles expliqué.

« Cette conférence de Varsovie, qui aurait dû marquer une étape importante dans la transition vers un avenir durable, ne débouche sur rien », ont tranché Greenpeace, Oxfam, WWF, les Amis de la Terre Europe, la Confédération internationale des syndicats, et ActionAid International.

A la veille de la clôture officielle de la conférence, qui s’est ouverte le 11 novembre en présence de délégations de plus de 190 pays, ce geste des ONG qui sont des acteurs à part entière de ces grand’messes du climat, renforçait encore le pessimisme ambiant.

Après une nouvelle nuit de pourparlers dans le grand stade de Varsovie, la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, a regretté jeudi matin que « les négociations n’avancent pas ».

« Nous ne pouvons pas nous offrir de faire marche arrière par rapport à Durban, il faut avancer », a-t-elle averti, faisant allusion à la conférence de l’ONU en 2011 lors de laquelle la communauté internationale s’est donné pour objectif de sceller un accord en 2015 à Paris.

Cet accord, qui doit entrer en vigueur en 2020, se veut le plus ambitieux jamais obtenu sur le changement climatique: universel, légalement contraignant, il doit réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Pour l’heure, les émissions sont à la hausse et mettent le monde sur la trajectoire d’un réchauffement de près de 4°C.

Mais le chemin vers Paris est pavé d’obstacles, le principal étant le partage des responsabilités entre pays industrialisés et pays en développement, notamment les grands émergents dont la Chine, premier pollueur au monde.

Les grands pays émergents ne cessent d’insister sur le fait que les pays industrialisés, responsables historiquement du réchauffement, doivent en faire beaucoup plus qu’eux, et mettent aussi en avant leur « droit au développement ».

Cette position est fermement rejetée par les Etats-Unis, deuxième pollueur au monde, qui refusent que la Chine bénéficie d’un traitement de faveur. « Nous devons laisser l’idéologie à la porte », a lancé jeudi le négociateur en chef américain Todd Stern.

Un accord basé sur cette ligne de partage entre pays développés et en développement « ne fonctionnera pas », a-t-il déclaré.

Mais quelques minutes après ce discours, le négociateur chinois a rappelé: il y a d’un côté des pays en cours « d’industrialisation » et d’autres « qui sont post-industriels », et « cette division subsistera après 2020 ».

Aussi, le ministre Zhenhua Xie, a appelé à ce que l’accord de 2015 comprenne des « objectifs quantité de réduction drastique d’émissions de GES » pour les pays industrialisés, et que les pays du Sud ne s’engagent qu’à « renforcer leurs efforts » en ce sens.

Selon le directeur de Greenpeace international Kumi Naidoo, « la Chine peut changer la donne, mais elle n’a pas encore traduit ses efforts nationaux en engagements constructifs dans ces pourparlers ».

Pour autant les pays du Nord ne sont pas épargnés par les ONG qui critiquent le recul du Japon, de l’Australie, et du Canada en matière de lutte contre le changement climatique, et que, sur la question de l’aide financière aux pays du sud, « les gouvernements ont craché au visage de ceux qui souffrent du changement climatique », selon M. Naidoo.

Les pays du Sud exigent plus de « visibilité » sur l’aide de 100 millards de dollars par an promise d’ici 2020 pour les aider à faire face au réchauffement, et la création d’un mécanisme pour prendre en compte « les pertes et dommages » subis à cause du changement climatique.

Ces deux dossiers, la formulation d’un calendrier des différentes étapes jusqu’à Paris, ainsi que la nature des engagements attendus dans l’accord de 2015 — la France veut qu’ils soient « chiffrés »– restaient les points durs des négociations jeudi matin.

© AFP

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