Zéro plastique en décharge en France en 2020, plaide le secteur

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Déchets de plastique dans une usine de recyclage, le 12 avril 2013 au Mans
© AFP/Archives Jean-Francois Monier

Paris (AFP) – La France doit réduire à zéro d’ici 2020 la part de ses déchets plastiques qu’elle enfouit en décharge, en étendant notamment la collecte des particuliers au-delà des bouteilles et flacons, a plaidé mardi la fédération de plasturgistes Plastics Europe.

L’an dernier en France, la part des déchets en plastique (3,3 millions de tonnes au total, dont deux tiers d’emballages) qui a été mise en décharge a baissé à 38,0%, contre 39,1% en 2011, selon les chiffres dévoilés mardi par la profession.

La valorisation énergétique, c’est à dire la part du plastique brûlé dans des incinérateurs pour produire de l’électricité ou de la chaleur, a elle légèrement augmenté à 42,0% (contre 41,7%), selon Plastics Europe.

Le recyclage, la solution la plus vertueuse, a progressé de 19,2% à 20,0%, même si environ 60% du traitement s’est fait via exportation, notamment en Chine, a expliqué Michel Loubry, directeur Europe de l’Ouest de Plastics Europe, lors d’une conférence de presse.

Si la situation s’améliore, la France reste plutôt à la traîne dans le recyclage par rapport à la moyenne européenne (26,3%), même si le niveau de mise en décharge est identique.

Selon les projections de Plastics Europe, au rythme actuel, il faudrait attendre 2035 pour voir le plastique totalement banni des décharges, alors que les textes européens interdisent en théorie l’enfouissement de produits valorisables énergétiquement ou recyclables comme le plastique.

La fédération de producteurs de plastiques propose elle de fixer un objectif à 2020, même si elle reconnaît que « cela sera difficilement atteignable ».

Une grande source de progrès viendrait de l’extension de la consigne de tri du plastique en France, pour l’instant limitée aux seuls bouteilles et flacons — en dehors d’un processus pilote concernant 3,7 millions de personnes qui collecte tous les plastiques (sacs, pots, barquettes, etc).

Plastics Europe défend également le développement d’une filière de « combustibles solides de récupération » (CSR), un combustible obtenu après triage à partir de déchets à haut pouvoir calorifique (plastiques, bois, carton etc.), très développé en Allemagne et en Europe du Nord.

Cela nécessitera des investissements importants –qui n’ont pas été chiffrés– mais atteindre l’objectif dès 2020 permettrait d’économiser au total un milliard de barils de pétrole, soit près de 78 milliards d’euros au cours actuel, a souligné Plastics Europe.

© AFP

 

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