Fukushima: retrait prochain du combustible de la piscine 4, un grand pas vers le démantèlement

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Des employés de Tepco montrent aux médias les préparatifs de retrait du combustible de la piscine 4, le 7 novembre 2013 à Fukushima
© Pool/AFP Tomohiro Ohsumi

Fukushima Daiichi (Japon) (AFP) – L’opérateur de la centrale accidentée de Fukushima va bientôt débuter le retrait du combustible de la piscine 4, une tâche cruciale qui constitue le premier grand pas vers un démantèlement et dont les préparatifs ont pour la première été montrés jeudi à la presse.

« La situation à la centrale est toujours difficile, mais nous avançons à un bon rythme en vue du démantèlement », a déclaré à cette occasion un porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco).retrait

La compagnie prévoit de débuter ce mois-ci l’extraction des 1.533 assemblages de combustible immergés au fond de la piscine de désactivation du réacteur numéro 4, après une nouvelle répétition prévue la semaine prochaine.

« Je ne pense pas que nous devions nous dépêcher de retirer ce combustible. Nous commencerons quand nous serons prêts », a toutefois souligné le directeur de la centrale, Akira Ono.

Aucune date précise n’a encore été fixée pour le début réel de cette opération délicate, sans doute la plus importante depuis que les réacteurs du site ont été déclarés en état stable dit « d’arrêt à froid » en décembre 2011.

En ce sens, « c’est un grand pas vers le démantèlement », selon M. Ono, car le cas de Fukushima Daiichi est inédit.

« Ce n’est certes pas la première fois que nous faisons une telle opération. Dans toutes les centrales, les travailleurs retirent du combustible des piscines de désactivation. La différence est que nous devons être très prudents car les ouvriers portent ici des combinaisons et masques intégraux » en raison de la radioactivité ambiante, a ajouté M. Ono pour qui cependant « l’opération en elle-même n’est pas dangereuse ».

Le réacteur 4 était vide de combustible au moment de l’accident, mais le bâtiment qui l’abrite a été saccagé par une explosion d’hydrogène quelques jours après le tsunami du 11 mars 2011.

En revanche la piscine, située à 30 mètres du sol, était pleine et l’est restée.

Deux ans et demi plus tard, une sorte de couverture constituée de plaques beiges recouvre une partie de cet ensemble.

Ce couvercle abrite un gigantesque dispositif de retrait du combustible que les ouvriers commandent depuis un poste situé à proximité.

Les journalistes ont été conduits au-dessus de la piscine, un immense bassin rempli d’une eau aux reflets bleu-vert dans laquelle sont alignés les « racks » contenant les assemblages à enlever.

Pas droit à l’erreur

Pour cette opération, Tepco n’a pas droit à l’erreur, préviennent les experts.

« Un quelconque souci affecterait considérablement le calendrier de l’ensemble du démantèlement », prévient Hiroshi Miyano, un expert du secteur nucléaire à l’Université Hosei de Tokyo.

Tepco a déjà largement préparé le terrain en retirant les débris tombés dans la piscine lorsque le toit et un mur du bâtiment ont été détruits.

On ne voit plus de gros déchets au fond de l’eau, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Il est possible cependant qu’il reste des petits morceaux », a précisé le directeur, ce qui pourrait constituer une difficulté supplémentaire.

Par ailleurs, M. Ono a indiqué que les trois unités de décontamination de l’eau radioactive devraient être opérationnelles ce mois-ci. Pour le moment, le dispositif, appelé ALPS, ne fonctionne que partiellement après une série de problèmes qui seraient en voie de résolution.

Ce système ALPS est un des rouages clefs de la stratégie de Tepco pour traiter les quelque 400.000 tonnes d’eau radioactive accumulées sur le site, dont plus de 300.000 dans des réservoirs, une quantité qui augmente de jour en jour et qui a causé de très nombreux problèmes ces dernières semaines.

Sur le site même, la situation  est très contrastée, avec des endroits où les choses avancent, et d’autres où tout semble être resté en l’état depuis le tsunami de 2011.

« Vous, devez être surpris de voir des câbles et des tuyaux partout », a déclaré le patron de la centrale aux journalistes. « Au cours des deux ans et demi écoulés, a-t-il ajouté, nous avons à peine réussi à réaliser la tâche à accomplir. Le démantèlement durera de 30 à 40 ans. Je pense donc que nous devrons adapter mieux notre système, l’organisation et les méthodes de travail. »

© AFP

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