Tanzanie: un ministre défend une campagne anti-braconnage controversée

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Un ministre tanzanien, critiqué pour une campagne anti-braconnage suspendue après des accusations de violations des droits de l'Homme, a défendu dimanche soir son action en mettant en avant la récente saisie de 706 défenses d'éléphants chez des trafiquants chinois. © AFP/Archives Tony Karumba

Un ministre tanzanien, critiqué pour une campagne anti-braconnage suspendue après des accusations de violations des droits de l’Homme, a défendu dimanche soir son action en mettant en avant la récente saisie de 706 défenses d’éléphants chez des trafiquants chinois.
© AFP/Archives Tony Karumba

Dar es Salaam (AFP) – Un ministre tanzanien, critiqué pour une campagne anti-braconnage suspendue après des accusations de violations des droits de l’Homme, a défendu dimanche soir son action en mettant en avant la récente saisie de 706 défenses d’éléphants chez des trafiquants chinois.

Au cours des deux derniers mois, la police et les services de la Faune sauvage ont mené une politique de « tir à vue » contre les suspects de braconnage et de rafles à grande échelle de trafiquants présumés, mais vendredi, le Parlement a suspendu l’Opération « Tokomeza »(« annihiler » en swahili) le temps d’une enquête sur des allégations de saisies illégales, de torture et d’assassinats de suspects.

Dimanche soir, le ministre des Ressources naturelles et du Tourisme, Khamis Kagasheki, a défendu cette opération, rappelant que d’importantes quantités d’ivoire avaient été saisies, notamment 706 défenses pour la dernière en date samedi à Dar es Salaam, la capitale économique tanzanienne.

« Cela signifie que 353 éléphants ont été tués pour obtenir ces défenses », a déclaré M. Kagasheki à l’AFP, c’est « un nombre important ». Il a précisé que l’ivoire avait été saisie chez trois commerçants chinois, important officiellement de l’ail de Chine et exportant des produits de la mer de Tanzanie.

« J’admets qu’il y a un côté laid dans cette opération, mais ce à quoi nous assistons actuellement avec l’arrestation de coupables et la confiscation de défenses, fait partie du succès de l’opération », a ajouté le ministre qui a rejeté les appels à sa démission.

Peu après le lancement de la campagne Tokomeza, le ministre avait affirmé, selon des propos largement relayés dans la presse, que les « rangers (chargés de la surveillance des Parcs nationaux) étaient autorisés à tirer pour tuer sur les braconniers ».

La présidente du Parlement, Anne Makinda, a indiqué samedi à l’AFP que la campagne Tokomeza était suspendue sine die et qu’une enquête sur la façon dont elle était menée serait ouverte cette semaine.

Le braconnage des éléphants et des rhinocéros, massacrés pour leurs défenses ou leurs cornes, est en hausse exponentielle ces dernières années en Afrique, alimenté par une forte demande en Asie et au Moyen-Orient.

Le nombre d’éléphants encore présents sur le sol africain est estimé à quelque 472.000. Leur survie est menacée non seulement par le trafic mais aussi par l’extension des zones urbaines, qui détruit leurs habitats.

Le trafic mondial d’ivoire est estimé à quelque 10 milliards de dollars (sept milliards d’euros) par an.

Le tourisme, notamment alimenté par les safaris dans des parcs mondialement réputés tels que le Serengeti ou le Ngorongoro, est une source de devises essentielle pour la Tanzanie.

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