98% des poissons destinés au commerce d’aquariums aux Philippines meurent la première année

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San Andres, Philippines : un pêcheur récolte des poissons sauvages destinés au commerce des poissons d’aquarium au sud de Manille aux Philippines. © AFP PHOTO/Jay DIRECTO

San Andres, Philippines : un pêcheur récolte des poissons sauvages destinés au commerce des poissons d’aquarium au sud de Manille aux Philippines. © AFP PHOTO/Jay DIRECTO

Plus de 80% des poissons capturés aux Philippines pour être vendus comme poissons d’aquariums meurent avant même d’être vendus. Ceux qui subsistent ne seraient que 2% à survivre au delà de leur première année en aquarium.

Des techniques illégales de capture et des conditions de transports et de stockage inadéquates seraient à l’origine de cette hécatombe. Selon le WWF qui a mené l’étude au Philippines, seuls les poissons les plus solides – le poisson clown (Amphiprion), la castagnole (Chrysiptera) ou le poisson napoléon (Labroides) – seraient susceptibles de survivre.

Le commerce de poissons d’aquarium pèse plus d’un milliard de dollars à travers le monde et est un moteur important de l’économie philippine, note Mongabay.

Sur place, le WWF tente désormais d’instaurer des mesures de protection des espèces de poissons touchées par ce commerce. L’ONG a notamment obtenu le vote d’une réglementation autorisant les pêcheurs à pêcher des stocks géniteurs, à les élever et à les revendre aux aquariophiles à condition de relâcher 30% des jeunes dans la mer. L’ONG insiste également sur les mauvaises techniques de capture qui continuent à être pratiquées par les pêcheurs du pays. La plupart utilisent en effet du cyanure, une toxine neurologique, pour immobiliser les poissons et pouvoir les pêcher plus facilement. L’utilisation de cyanure engendre de nombreuses pertes – les poissons ne résistant pas forcément à la dose utilisée – et menace le corail. Rappelons qu’aux Philippines seul 1% du corail est classé « en excellente condition », note Mongabay. Enfin, selon le WWF, les conditions de transport de ces poissons doivent également être modifiées en ne mettant qu’un poisson par sac, en utilisant des sacs perméables à l’air ainsi qu’en renforçant les contrôles de douanes.

Pour Gregg Yan, en charge de la communication du WWF aux Philippines, si ces solutions étaient mises en place aux Philippines, l’économie du pays en bénéficierait directement et les poissons seraient mieux protégés.

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