Pollution: 90% des urbains exposés à trop de particules dans l’UE

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La cheminée d'une usine d'incinération à Ivry-sur-Seine, près de Paris © AFP/Archives Lionel Bonaventure

La cheminée d’une usine d’incinération à Ivry-sur-Seine, près de Paris
© AFP/Archives Lionel Bonaventure

Paris (AFP) – Malgré des progrès, quelque 90% des urbains européens restent toujours exposés à une pollution aux particules, et encore plus à l’ozone, qui dépasse les niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), alerte mardi un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

« De grandes parties de la population ne vivent pas dans un environnement sain (…). L’Europe doit faire preuve d’ambition et aller plus loin que la législation qu’elle a mise en place », et qui est moins stricte que les recommandations de l’OMS, estime le directeur exécutif de l’AEE, Hans Bruyninckx.

Les émissions de particules, PM 10 (dont le diamètre est inférieur à 10 microns) et PM 2,5, ont diminué respectivement de 14 et 16% dans l’Union européenne entre 2002 et 2011, indique le rapport de l’AEE.

Mais en 2011, 33% des urbains de l’UE vivaient dans des zones où les concentrations maximum autorisées de PM 10 sur 24 heures ont été dépassées.

Au regard des normes de l’OMS, non-contraignantes, il s’agit de 88% de la population urbaine.

La pollution aux particules, dont les plus petites pénètrent profondément dans les poumons et le sang, est à l’origine de pathologies respiratoires et cardio-vasculaires. Les PM 10 sont essentiellement émises par des processus mécaniques comme les activités de construction, et les PM 2,5 sont issues de combustions (bois, carburants, notamment gazole…)

Par ailleurs, 98% des populations urbaines étaient exposées en 2011 à des concentrations d’ozone supérieures aux recommandations de l’OMS. L’ozone résulte de la transformation, sous l’effet des rayons solaires, des émissions du trafic routier et des activités industrielles, et est irritant pour les voies respiratoires.

Une étude européenne publiée mardi par le Lancet Respiratory Journal, basée sur 14 études menées dans 12 pays sur 74.000 femmes, montre qu’une exposition, même faible, à des PM 2,5 lors de la grossesse augmente les risques d’un faible poids de l’enfant à la naissance.

Ce poids, estimé à moins de 2,5 kg après 37 semaines de grossesse, peut engendrer des problèmes respiratoires lors de l’enfance et des difficultés cognitives.

Pour les PM 2,5, L’UE a posé comme valeur limite 25 microgrammes par m3 d’air en 2015. L’OMS recommande 10 microgrammes.

Toute augmentation de 5 microgrammes par m3 augmente le risque de faible poids à la naissance de 18% selon l’étude qui précise que ce risque intervient même à des niveaux inférieurs aux normes européennes.

© AFP

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