Les années chaudes du passé pourraient être la norme d’ici 2050

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Plusieurs régions du globe, en premier lieu les zones tropicales, pourraient franchir d'ici 2050 un cap climatique marquant, celui où les années exceptionnellement chaudes des 150 dernières années seront la norme, affirme une étude publiée mercredi. © AFP/Archives Denis Charlet

Plusieurs régions du globe, en premier lieu les zones tropicales, pourraient franchir d’ici 2050 un cap climatique marquant, celui où les années exceptionnellement chaudes des 150 dernières années seront la norme, affirme une étude publiée mercredi.
© AFP/Archives Denis Charlet

Paris (AFP) – Plusieurs régions du globe, en premier lieu les zones tropicales, pourraient franchir d’ici 2050 un cap climatique marquant, celui où les années exceptionnellement chaudes des 150 dernières années seront la norme, affirme une étude publiée mercredi.

Dans la revue Nature, des chercheurs de l’université de Hawaï proposent un nouvel indicateur de réchauffement. A partir de différents modèles, ils définisssent pour divers endroits du monde l’année où, en fonction des émissions possibles de gaz à effet de serre, la température moyenne annuelle excédera durablement la température des années les plus chaudes enregistrées entre 1986 et 2005.

Dans un scénario d’émissions de gaz à effet de serre inchangées par rapport à aujourd’hui, ce cap virtuel pourrait être atteint de façon globale dès 2047, selon les chercheurs.

Dans un scénario plus optimiste, incluant des mesures plus importantes contre le CO2, l’échéance serait retardée à 2069.

« Ces résultats sont frappants, quel que soit le scénario, les changements vont survenir bientôt », relève Camilo Mora, auteur principal de cette étude, dans un communiqué.

L’atteinte de ce cap climatique inédit se fera à des dates différentes selon les régions du monde et les régions tropicales sont en première ligne, soulignent les chercheurs.

Ainsi, dans le scénario le plus pessimiste, certaines régions d’Indonésie (dès 2020) de même que Lagos (2029) pourraient expérimenter ce climat sans précédent dès la prochaine décennie.

Mexico pourrait atteindre ce cap dès 2031 et Bombay en 2034, soit bien avant des villes comme Washington (2047), Londres (2056) ou Moscou (2063).

« Nos résultats suggèrent que les pays touchés les premiers sont ceux qui ont la faible capacité de réponse. Ironie du sort, ce sont les pays les moins responsables du changement climatique », remarque dans un communiqué Ryan Longman, co-auteur de l’étude.

Si les changements attendus de températures seront plus importants en valeurs absolues au pôle Nord, cette étude insiste sur le fait que les régions tropicales, elles, connaîtront plus rapidement des climats inédits pour elles dans leur histoire récente.

Les espèces animales et végétales des régions tropicales, peu habituées à la variabilité climatique, apparaissent donc particulièrement vulnérables, selon les auteurs.

« Les Tropiques abritent la plus grande diversité d’espèces marines et terrestres et vont expérimenter des climats sans précédents quelque dix ans plus tôt que n’importe où sur Terre », relèvent-ils, en pointant les risques d’extinctions pour certaines espèces comme les coraux.

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