Les gains d’efficacité énergétique ralentissent dans le monde

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Amélioration de l'efficacité énergétique, composante clef de la lutte contre le réchauffement climatique et de la réduction de la facture énergétique, a ralenti depuis 2008 dans le monde, selon une étude de l'Ademe et du Conseil mondial de l'énergie (WEC). © AFP/Archives Sebastien Bozon

Amélioration de l’efficacité énergétique, composante clef de la lutte contre le réchauffement climatique et de la réduction de la facture énergétique, a ralenti depuis 2008 dans le monde, selon une étude de l’Ademe et du Conseil mondial de l’énergie (WEC).
© AFP/Archives Sebastien Bozon

Paris (AFP) – L’amélioration de l’efficacité énergétique, composante clef de la lutte contre le réchauffement climatique et de la réduction de la facture énergétique, a ralenti depuis 2008 dans le monde, selon une étude de l’Ademe et du Conseil mondial de l’énergie (WEC).

Le constat d’ensemble, plutôt encourageant, montre que toujours plus de pays s’investissent dans l’efficacité énergétique, notamment à l’aide d’outils de plus en plus utilisés comme les labels apposés sur les frigos ou les lave-linge, ou les normes (de l’isolation des logements à la consommation des véhicules).

Mais les résultats tendent à marquer le pas: si l’intensité énergétique mondiale (quantité d’énergie nécessaire pour produire une unité de PIB) a diminué de 1,3% par an en moyenne depuis 1990, le taux d’amélioration est tombé à 0,6% par an depuis 2008.

L’étude invoque plusieurs raisons: la crise économique, qui freine (surtout dans les pays développés) les investissements dans la maîtrise de l’énergie, le poids grandissant dans l’économie mondiale des pays à forte intensité énergétique comme la Chine, mais aussi une plus grande utilisation de l’électricité, dont la fabrication engendre de fortes pertes.

Ainsi, si l’Europe fait toujours figure de meilleur élève, « le ralentissement important de l’efficacité énergétique en Inde et surtout en Chine depuis 2008 est préoccupant et pèse fortement sur les performances mondiales », souligne notamment l’étude.

Au sein des secteurs les plus gourmands en énergie, l’intensité énergétique des transports s’améliore partout. Avec un point noir, le développement du transport de marchandises par camions.

Dans les logements, l’intensité diminue aussi globalement mais avec de fortes disparités nationales, liées bien sûr aux différences de modes de vie. La consommation moyenne d’électricité d’un ménage relié au courant va de 750 kilowattheure par an en Inde à… 10.000 en Amérique du Nord. En outre, la consommation d’électricité hors chauffage monte partout, surtout à cause des appareils électroniques et informatiques.

L’étude propose une série de recommandations, à commencer par réduire les subventions aux énergies fossiles (un grand refrain de l’Agence internationale de l’énergie), améliorer la facturation intelligente (c’est-à-dire un suivi au plus près de la consommation d’énergie, à l’aide par exemple de factures plus détaillées ou d’applications mobiles), la création de financements innovants, ou encore un contrôle renforcé des allégations des fabricants d’équipements électriques.

L’étude (qui en est à sa 8e édition), réalisée pour le Congrès mondial de l’énergie organisé la semaine prochaine en Corée du Sud, porte sur 85 pays représentant plus de 90% de la consommation mondiale d’énergie.

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