Nucléaire: 42 à 50 millions d’euros pour surveiller Mururoa

Publié le : Last updated:

Vue aérienne de l'atoll de Mururoa. © AFP/Archives Eric Feferberg

Vue aérienne de l’atoll de Mururoa.
© AFP/Archives Eric Feferberg

Papeete (France) (AFP) – La France va investir de 42 à 50 millions d’euros pour moderniser les infrastructures et la surveillance géologique de Mururoa, l’atoll où ont eu lieu les expérimentations atomiques, a annoncé jeudi à Papeete Bernard Dupraz, le délégué à la sûreté nucléaire.

Ces travaux financés par le ministère de la Défense porteront sur la réfection des routes et de la piste d’aviation de l’atoll, et sur des forages « de 300 à 400 mètres de profondeur » destinés à surveiller d’éventuels mouvements géomécaniques dans le sous-sol. Ils devraient débuter en 2014 pour s’achever en 2017.

En 2011, le prédécesseur de M. Dupraz, Marcel Jurien de la Gravière, n’avait pas exclu « l’effondrement d’une loupe » pouvant provoquer « une vague de 10 à 20 mètres » sur l’atoll voisin de Tureia.

M. Dupraz a réduit ce risque à « une hauteur maximale de 5 mètres à Mururoa, et de 2 mètres, maximum 3, à Tureia ». Il a précisé à l’AFP qu’un tel glissement de terrain serait « connu plusieurs semaines à l’avance, grâce à la surveillance géomécanique », et ne concernait pas le nord de Tureia, la seule zone habitée de cet atoll, peuplé d’environ 300 Polynésiens.

Il a ajouté que la radioactivité mesurée sur l’atoll était « stable, et au niveau de la radioactivité naturelle ».

Ces affirmations ont été mises en doute par la principale association de vétérans des sites d’expérimentations des essais nucléaires, Moruroa e tatou, et par l’opposition indépendantiste au gouvernement de Gaston Flosse, qui préside à nouveau la Polynésie française depuis le mois de mai.

Le sénateur indépendantiste (apparenté PS) Richard Tuheiava a ainsi déploré qu’il n’y ait « toujours pas de plan d’évacuation des habitants des atolls environnants » et que « la sécurité était défaillante jusqu’à maintenant ».

Après une visite à Mururoa, Gaston Flosse avait constaté mercredi dans un communiqué « le très bon état général de l’atoll, et une nature épanouie », et avait « pris acte des assurances qui sont aujourd’hui formulées sur l’efficience et la rigueur de ces contrôles, tant géomécaniques que radiologiques ».

L’opposition indépendantiste locale a ironisé jeudi sur ce « super garde-champêtre », « VRP du nucléaire propre ».

Proche de Jacques Chirac, Gaston Flosse est accusé par l’opposition d’avoir soutenu les essais nucléaires, contre lesquels les indépendantistes se sont toujours élevés.

Les essais nucléaires du Centre d’Expérimentation du Pacifique ont cessé en 1996, mais 35 militaires restent en permanence à Mururoa, dans l’archipel des Tuamotu, en Polynésie française.

© AFP

Media Query: