Dans le chaos syrien, l’émergence de mini-émirats pétroliers

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Dans le chaos syrien, l’émergence de mini-émirats pétroliers

Un homme participe au transprot et au raffinage du pétrole en Syrie en avril 2013 © ALICE Martins / AFP

Contrôlés par des clans, des champs pétroliers et gaziers syriens deviennent progressivement des territoires autonomes. Les chefs tribaux locaux profitent du chaos général dans le pays pour s’émanciper en vendant leurs ressources tant aux rebelles qu’aux partisans de Bachar El Assadf ou encore à l’étranger. Le Guardian du 25 juin relate ainsi l’histoire de Abu Zayed, fils d’un chef de clan, chargé par son père de développer la raffinerie qui se trouve sur leur territoire, situé à l’est de la Syrie. Le quotidien britannique écrit à propos du jeune homme qui a un temps envisagé de rejoindre la rébellion : « écœuré des dissensions au sein du commandement rebelle, il est reparti d’Istanbul, comme d’autres leaders claniques, pour revenir sur ses terres ancestrales, y renforcer son clan et prendre le contrôle des terres riches en énergie ». Grâce à la raffinerie, son clan organise l’extraction du gaz, le revend et se fournit en armes afin de préserver son autonomie En effet, l’usine qui produit du gaz et de l’électricité génère 10 millions de livres de revenus par semaine. Malgré tout et surtout pour éviter les attaques, il continue de fournir de l’électricité et des ressources tant aux rebelles qu’au régime.

Ahmad, un officier rebelle qui s’est enrichi grâce au conflit et gère la logistique d’une unité, déclare : « ces seigneurs du pétrole sont notre version des seigneurs de guerre. Ils se fichent de savoir si nous sommes là, ils se préoccupent uniquement de gagner de l’argent. Ils étaient avec le régime et quand ils ont commencé à voir des fissures, ils se sont ralliés à la révolution. Mais je ne considère pas qu’ils fassent partie de la révolution. […] Ce ne sont que des mercenaires et ils seront éradiqués après la guerre. »

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