Un porte-conteneurs se brise en deux dans l’océan Indien

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Un porte-conteneurs se brise en deux dans l'océan Indien

Photo fournie le 20 juin 2013 par le ministère indien de la Défense montrant le porte-conteneurs Mol Comfort qui s’est brisé en deux au large du Yémen © MINISTRY OF DEFENCE/AFP Mod

Brest (AFP) – Un porte-conteneurs de 316 m de long s’est brisé en deux dans l’océan Indien et sa partie arrière dérive au gré des courants, tandis que le sort de la partie avant n’est pas connu, a-t-on appris jeudi auprès de l’armement nippon Mitsui OSK Lines.

La compagnie maritime indique sur son site internet que le navire s’est brisé en deux lundi, alors que les conditions météorologiques étaient mauvaises. Elle précise que l’équipage, composé de 26 marins, a pu être recueilli par un navire se trouvant à proximité.

La partie arrière du navire qui bat pavillon des Bahamas dérivait mercredi vers l’est-nord-est, selon la compagnie. Selon la position communiquée (13°00″N 61°29″E), elle se trouvait à quelque 750 km des côtes du sultanat d’Oman.

En revanche, l’armement n’était pas en mesure jeudi d’indiquer la position de la partie avant en raison d’une « mauvaise visibilité liée à de mauvaises conditions météo ».

Le « Mol Comfort », qui venait de Singapour et faisait route vers Jeddah (Arabie Saoudite), a été construit en 2008 et transportait 7.041 EVP (équivalents vingt pieds).

La compagnie maritime assure qu’aucune fuite de fioul de grande ampleur n’est à déplorer, mais que quelques conteneurs ont pu tomber à l’eau ou être endommagés lors de l’accident.

Elle précise avoir demandé l’intervention d’une société de remorquage et indique qu’un patrouilleur est parti mercredi du port de Jebel Ali (Émirats arabes unis) et qu’il est attendu sur zone lundi.

L’armement souligne être en train d’étudier les causes de l’accident avec le constructeur du navire, le groupe d’industrie lourde japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

Constatant que cet accident « peut-être attribué à une défaillance structurelle », l’association écologiste Robin des Bois demande jeudi, dans une lettre ouverte, l’immobilisation de cinq autres navires de l’armement nippon construits en 2007 et 2008 par le même chantier.

La missive est adressée à l’Organisation maritime internationale (OMI), aux délégations à l’OMI de l’Iran, du Yémen, du sultanat d’Oman, des Émirats, du Pakistan, de l’Inde, du Japon, d’Égypte et des Bahamas, à la compagnie Mitsui OSK Lines, à l’Union européenne, au Premier ministre du Japon et au ministre des Transports français.

L’association dit redouter « qu’un événement analogue à celui qui a coupé en deux le Mol Comfort ne survienne sur l’un de ses sister-ships (bateaux jumeaux, ndlr) ».

La « rupture franche » survenue sur le « Mol Comfort » pourrait avoir pour origine une « défaillance due à l’architecture ou à la structure du navire, ou à sa longueur », a expliqué à l’AFP Jacky Bonnemains, de Robin des Bois, assurant qu’il s’agissait là d’une « inquiétude constante pour les navires de cette taille et qui est exprimée par beaucoup d’experts ».

Elle demande l’immobilisation provisoire du « Mol Creation », du « Mol Courage », du « Mol Competence », du « Mol Celebration » et du « Mol Charisma », ou aux Etats sus-cités de suspendre les autorisations de naviguer pour ces navires dans leur Zone économique exclusive (ZEE).

Robin des Bois estime que la rupture d’un navire quasiment neuf « confirme la fragilité de ces géants des mers ». Elle souligne que 600 porte-conteneurs d’une capacité analogue ou supérieure sont en exploitation dans le monde et qu’en 2015, une trentaine de navires auront une capacité de 18.000 conteneurs.

« Plus les bateaux sont grands, plus les armateurs et surtout les chargeurs sont gagnants. A l’inverse, la sécurité et l’environnement sont perdants », écrit l’association dans un communiqué, disant s’inquiéter pour « la biodiversité et les pêcheurs du Yémen, du sultanat d’Oman, d’Iran, du Pakistan et de l’Inde », alors que le « Mol Comfort » peut emporter dans sa soute 9.000 tonnes de fioul.

© AFP

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