Destruction d’ivoire aux Philippines, une première en Asie

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Philippines first in Asia to destroy ivory tusks

Personnel of Protected Areas and Wildlife Bureau use a vice to support a confiscated elephant tusk, on June 20, 2013 © AFP Noel Celis

Manille (AFP) – Les autorités philippines ont entamé vendredi la destruction de cinq tonnes de défenses d’éléphants lors d’une cérémonie officielle destinée à prouver la volonté du pays à se débarrasser de sa réputation de plaque tournante en Asie pour le trafic d’ivoire venu d’Afrique.

Un bulldozer a brisé des centaines de défenses disposées sur le parking du Bureau de la protection de la nature, les Philippines devenant ainsi le premier pays en Asie à éliminer ses stocks d’ivoire illégale saisis par la police.

« Cet acte souligne avec force auprès du reste du monde que les Philippines ne tolèreront pas le trafic illégal d’animaux sauvages », a déclaré le secrétaire à l’Environnement Ramon Paje.

Ces cinq tonnes proviennent de quelque 13 tonnes d’ivoire saisies par les douanes philippines depuis le milieu des années 90. Les huit tonnes restantes, dont la valeur atteint plusieurs millions de dollars US, ont disparu, probablement volées au cours des années.

La plupart des stocks d’ivoire ont disparu lorsqu’ils étaient entreposés au Bureau des douanes, une agence notoirement corrompue. Un officier du Bureau de la protection de la nature est en fuite après avoir fait main basse sur quelque 700 kilos de cette matière précieuse et interdite à la vente.

Les Philippines sont un des huit pays accusés en mars de ne pas lutter avec détermination contre le trafic d’ivoire, lors de la réunion du comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites).

Ces huit pays comptent trois pays d’origine (Ouganda, Tanzanie, Kenya), trois de transit (Malaisie, Vietnam, Philippines) et les deux principaux marchés (Chine et Thaïlande).

Les objets en ivoire sont notamment prisés en Chine, où ils symbolisent la richesse acquise. Mais les Philippines en sont également friandes, notamment pour les statuettes de saints, dans ce seul grand pays catholique d’Asie.

La destruction des défenses est un des volets de l’action que le pays veut présenter à la Cites comme preuve de sa bonne foi dans la lutte contre le trafic d’ivoire. Les Philippines ont également créé une équipe spécialisée dans la lutte contre ce trafic.

« Les Philippines ne prendront pas part à ce massacre (des éléphants d’Afrique) et ne seront pas une étape dans le cycle de ces tueries », a déclaré le membre du gouvernement.

Mary Rice, la directrice de l’Agence des enquêtes sur l’environnement, basée à Londres, a fait le déplacement, qualifiant l’événement de « significatif » car il s’agit d’une première destruction dans un pays d’Asie.

En Afrique, plusieurs pays ont procédé à des destructions de stocks d’ivoire illégale, en les brûlant notamment, comme le Gabon en 2012.

Le commerce international de l’ivoire est interdit depuis 1989. Le trafic a doublé depuis 2007 et plus que triplé depuis 1998, selon un rapport de la Cites et d’autres organisations spécialisées. Il reste, selon ce texte, entre 420.000 et 650.000 éléphants en Afrique.

La Cites estime à 25.000 le nombre d’éléphants tués en Afrique pour leur ivoire. 2012 devrait être pire, selon les associations de défense de la vie sauvage.

Les Philippines ont voulu dans un premier temps brûler les défenses mais y ont renoncé devant les protestations de défenseurs de l’environnement, qui s’inquiétaient de feux importants en plein air. Les autorités ont tenté de les broyer avec un rouleau-compresseur mais elles étaient trop dures. Il a donc été décidé de les écraser une à une avec un tractopelle. Les débris seront incinérés dans un crematorium pour animaux.

© AFP

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