Le sous-sol des grands fonds marins regorge de vie microscopique

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 Le sous-sol des grands fonds marins regorge de vie microscopique

Des poissons sous l’eau © AFP/Archives Boris Horvat

PARIS – (AFP) – Bactéries en tous genres, organismes unicellulaires appelés archaea et même champignons, les sédiments situés sous le plancher des océans regorgent d’une vie microscopique qui se nourrit, se reproduit et même se déplace, révèle une étude publiée mercredi.

« Les cellules sont très abondantes là-dessous, mais elles n’ont pas un niveau d’activité très élevé », précise dans un communiqué Virginia Edgcomb, de la Woods Hole Oceanographic Institution.

« Mais c’est une biosphère énorme, et si vous faites le calcul, vous vous rendez compte qu’il s’agit d’une contribution importante (…) aux cycles du carbone et de l’azote », souligne-t-elle.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé des échantillons de sédiments prélevés au large des côtes du Pérou entre 5 mètres et 159 mètres sous le niveau du fond de l’océan.

Ils ont notamment cherché des traces d’ARN messager, une portion d’ADN utilisée par les cellules dans la synthèse des protéines. Autrement dit, la présence d’ARN messager témoigne non seulement de l’existence d’une forme de vie, mais son analyse renseigne également sur le type de mécanismes biologiques qu’un organisme met en oeuvre.

Les biologistes ont ainsi apporté pour la première fois la preuve que les micro-organismes vivant sous le plancher océanique sont capables de se reproduire par division cellulaire, y compris des champignons.

Ces cellules de la « biosphère profonde » sont en outre capables de consommer des acides aminés, constituants élémentaires des protéines qui ne peuvent provenir que d’organismes vivants ou morts récemment.

Grosse surprise de cette étude, nombre des cellules sont douées de mouvement, comme en témoignent les protéines qu’elles utilisent pour se fabriquer des flagelles – à l’instar des spermatozoïdes – ou l’ARN messager associé à la faculté de se contracter comme les méduses.

Toute cette activité microbienne est particulièrement importante car elle « influence directement le fait de savoir si des éléments comme le carbone sont séquestrés durant des millions d’années dans les sédiments sous-marins ou s’ils sont renvoyés dans l’océan, affectant ainsi les chaînes alimentaires et le climat », écrivent les chercheurs.

« Nos données suggèrent que c’est le second cas de figure qui se joue » à travers une myriade de formes de vie dans le sous-sol océanique, conclut l’étude, publiée dans la revue britannique Nature.

© AFP

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