Automobile: les constructeurs sous-estiment les émissions de CO2

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Automobile: les constructeurs sous-estiment les émissions de CO2

Un pot d’échappement © AFP/Archives Fred Tanneau

PARIS – (AFP) – Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) affichées par les constructeurs automobiles diffèrent de plus en plus de celles constatées en conduite réelle, affirme un rapport, reçu à Paris, d’un institut basé à Berlin.

« Alors que la différence moyenne entre les tests en laboratoire et les résultats lors d’une conduite réelle était de 11% en 2011, elle est passée en 2011 à 25% », avance l’International council on clean transportation (ICCT, signifiant en français conseil international sur les transports propres), qui a comparé les données des principaux constructeurs européens et américains avec des mesures réelles effectuées dans plusieurs pays.

Si « tous les constructeurs optimisent les résultats de leurs tests dans une certaine mesure », l’ICCT souligne que les écarts « diffèrent significativement d’un constructeur à l’autre ».

Ainsi, les écarts les plus importants (de l’ordre de 25 à 30%) sont enregistrés chez les constructeurs allemands BMW, Audi, Vauxhall/Opel (GM) et Mercedes (Daimler).

Viennent ensuite Fiat, Volkswagen et Ford (entre 20 et 25%) puis Renault, PSA, et Toyota (environ 15%).

« Les constructeurs de véhicules les moins émetteurs de CO2 manipulent donc moins les résultats des tests que les constructeurs produisant des véhicules les plus gourmands en énergie », relève le rapport.

L’ONG souligne également que l’augmentation des écarts constatés a été particulièrement marquée après 2007-2008, lorsque plusieurs états européens ont adopté un système de taxation des émissions de CO2 des véhicules.

Les auteurs de ces travaux précisent que les chiffres des constructeurs n’ont rien d’illégal, mais que les industriels utilisent à leur avantage les failles du système de mesures actuel, appelé NEDC.

Par exemple, les constructeurs peuvent limiter le poids du véhicule testé, utiliser une vitesse moyenne plutôt basse, des temps d’arrêt importants, et ne pas brancher les systèmes gourmands en énergie comme la climatisation, la navigation par satellite ou des sièges chauffants.

Des lubrifiants ou des pneus spéciaux peuvent aussi être utilisés.

Pour Lorelei Limousin, porte-parole du Réseau action climat, qui a relayé les résultats du rapport en France, » il est du devoir des législateurs européens de mettre fin à ces pratiques de manipulation des chiffres ».

« Pour réduire véritablement les émissions de CO2, nous appelons la France à demander le renforcement des tests et l’ introduction du nouveau cycle au plus tôt », poursuit-elle alors que les Etats membres discutent actuellement d’une modification de la législation à ce sujet.

Le Parlement européen a proposé d’adopter en 2017 dans l’Union européenne un nouveau test (le WLPT) élaboré par les Nations unies, mais les constructeurs s’y opposent.

© AFP

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