Vale et Rio Tinto au Mozambique: HRW dénonce les conséquences humaines

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Vale et Rio Tinto au Mozambique: HRW dénonce les conséquences humaines

Un bâtiment de Rio Tinto en Chine, le 15 mai 2013 © AFP/Archives Philippe Lopez

MAPUTO – (AFP) – Les groupes miniers Vale et Rio Tinto, en ouvrant leurs mines de charbon dans le nord du Mozambique, ont déplacé depuis 2009 des milliers de personnes qui se sont retrouvées sans abri et sans revenus, a accusé jeudi Human Rights Watch (HRW).

« Une bonne partie des 1.429 ménages réinstallés pour faire place aux opérations d’extraction de charbon de Vale et Rio Tinto (…) ont eu d’importants problèmes pour accéder à la nourriture, à l’eau et au travail », a affirmé l’ONG de défense des droits de l’homme.

« La terre où ils ont été réinstallés est aride. De nombreux agriculteurs n’ont pas été en mesure de faire pousser leurs cultures le long de la rivière comme ils le faisaient », a relevé la chercheuse de Human Rights Watch, Nisha Varia. Certains ont dû déménager à 40 km des marchés où ils vendaient leur produits, et dépendent désormais de l’aide alimentaire, selon l’ONG.

Plus de la moitié de la surface de la province de Tete (nord) doit être consacrée à l’exploitation minière, ce qui limite la quantité de terres arables où l’on peut réinstaller les populations, selon HRW, qui s’inquiète de voir bientôt la situation se répéter dans d’autres parties du pays.

Les groupes brésilien Vale et anglo-australien Rio Tinto sont deux des principaux exploitants de charbon au Mozambique, dont le sous-sol pourrait détenir les plus importantes réserves encore inexploitées dans le monde.

Si les corridors de transport jusqu’à l’océan Indien sont améliorés, les exportations de charbon du Mozambique pourraient atteindre 100 millions de tonnes au cours de la prochaine décennie, en grande partie pour alimenter le développement industriel de l’Inde et de la Chine.

Des paysans concernés bloquent régulièrement les routes et voies ferrées de la région pour protester. Des tensions qui selon Mme Varia montrent « la rapidité avec laquelle le gouvernement a distribué des licences d’exploitation, limitant la disponibilité des terres ».

Human Rights Watch a appelé les autorités mozambicaines à dépoussiérer leurs lois pour les mettre aux normes internationales et à assurer un suivi de la situation. L’ONG demande aussi aux pays d’origine des groupes miniers de surveiller leurs activités.

Vale a expliqué dans un communiqué, qu’il avait déplacé des populations « en respectant les droits de l’homme et les normes internationales ».

Reconnaissant que 83 familles n’ont pas encore reçu les terres qui leur avaient été promises, le groupe brésilien a assuré qu’il avait réparé maisons, pompes et systèmes d’irrigation pour les paysans concernés.

Rio Tinto n’avait pas répondu jeudi à la mi-journée aux demandes de réaction de l’AFP.

© AFP

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