Dans les Alpes-Maritimes, EDF se renforce sur le créneau de la ville durable

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Dans les Alpes-Maritimes, EDF se renforce sur le créneau de la ville durable

Le PDG du géant français de l’électricité, EDF, Henri Proglio, le 14 février 2013 à Paris © AFP/Archives Eric Piermont

ROQUEBRUNE-CAP-MARTIN (Alpes-Maritimes) – (AFP) – EDF a affiché jeudi dans les Alpes-Maritimes ses ambitions en matière de « ville durable », un marché en pleine éclosion, où il veut se positionner comme partenaire des collectivités qui veulent mieux produire et gérer l’énergie sur leur territoire.

Le PDG du géant français de l’électricité Henri Proglio, natif du département, a signé dans la matinée à Nice un accord-cadre avec Christian Estrosi, député-maire de la ville et président de la Métropole niçoise.

EDF participait déjà au projet de l’éco-vallée de la Plaine du Var, un chantier majeur d’aménagement urbain qui remodèlera fortement l’agglomération de plus d’un demi-million d’habitant.

Le groupe va étudier le potentiel de développement local des énergies renouvelables, notamment l’hydraulique, la Métropole voulant produire à un horizon non précisé le tiers de l’électricité qu’elle consomme.

Il va également tester à Nice un outil de planification urbaine qui sert à optimiser le développement d’un quartier en fonction des performances énergétiques; participer au développement de points de recharge pour voitures électriques; ou encore implanter un centre régional de 100 salariés au coeur de l’éco-vallée.

« Nous avons des projets très ambitieux, en France comme à l’international », et « nous allons faire de la métropole niçoise une vitrine à la fois de nos technologies et de la coopération entre un grand acteur industriel et un grand acteur territorial », à déclaré à l’AFP M. Proglio.

Les problématiques d’urbanisation, « c’est un marché potentiel, et cela va nous amener à déborder du rôle d’électricien ou d’énergéticien par le développement d’initiatives qui élargiront la gamme de nos prestations et de nos engagements », a-t-il expliqué, sans dévoiler d’objectifs chiffrés.

L’accord Métropole/EDF ne comporte pas d’engagements financiers chiffrés, mais « c’est un partenariat donnant-donnant », qui apportera un « bénéfice mutuel » aux deux parties, a souligné de son côté à l’AFP M. Estrosi.

Une telle coopération contribuera au renforcement de la sécurité de l’approvisionnement électrique particulièrement fragile des Alpes-Maritimes, sans oublier les retombées en termes d’emplois et d’attractivité du territoire.

Le groupe mène déjà de tels projets à Singapour et à Lyon, un créneau également visé à divers titres par d’autres énergéticiens comme GDF Suez, des équipementiers comme Schneider Electric, ou des fournisseurs de services collectifs comme Suez ou Veolia.

M. Proglio a ensuite visité, non loin de là, le chantier en voie d’achèvement d’un éco-quartier à Roquebrune-Cap-Martin, où EDF a mis en oeuvre une solution de fourniture d’énergie originale.

Il a installé un système de pompes à chaleur qui récupérera la chaleur résiduelle (15 à 25 degrés) des eaux rejetées par la station d’épuration locale. Cela permettra de couvrir les besoins du quartier (composé d’environ 280 logements, dont une résidence de tourisme, 100 logements sociaux et une crèche) en chauffage, eau chaude et refroidissement.

Un processus qu’EDF exploitera pendant 20 ans, qui reposera au final à 70% sur des énergies renouvelables (les équipements consommant eux-mêmes de l’électricité), et d’un coût inférieur de 5% au système initialement envisagé (30% renouvelables/70% gaz).

Un projet bien modeste au regard des immenses enjeux environnementaux, sociaux et économiques de l’urbanisation planétaire. Mais « il faut favoriser ce type de démarche, car au-delà des slogans, ce qui compte c’est le réel », a souligné M. Proglio, appelant à « passer à des démonstrateurs concrets », comme à Roquebrune, qui pourront ensuite être extrapolés à grande échelle.

© AFP

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