Japon: les préparatifs de relance du surrégénérateur de Monju gelés de facto

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Japon: les préparatifs de relance du surrégénérateur de Monju gelés de facto

Le surrégénérateur atomique de Monju, le 6 mai 2010 © JIJI PRESS/AFP/Archives Jiji Press

TOKYO – (AFP) – L’autorité de régulation nucléaire du Japon a décidé mercredi d’ordonner à l’exploitant de n’effectuer aucune manipulation destinée à la remise en service du surrégénérateur atomique expérimental de Monju, tant que la gestion de sa sûreté, jusqu’ici bâclée, ne sera pas améliorée.

L’autorité va sous peu officiellement transmettre un ordre en ce sens à l’Agence publique de l’énergie atomique (JAEA), gérante du site.

Cette interdiction d’usage des installations, qui rend caduc le projet de réactiver Monju d’ici à mars 2014, fait suite à des enquêtes qui ont montré des négligences d’entretien.

L’exploitant n’a pas procédé dans les délais aux contrôles de sécurité périodiques de près de 10.000 des 39.000 pièces d’équipement du site, selon un récent rapport.

L’autorité exige que l’opérateur de ce prototype de surrégénérateur situé à Tsuruga (ouest) modifie en profondeur ses règles d’entretien, estimant que les lois ont été transgressées à maintes reprises.

Le gendarme du secteur n’autorisera ainsi pas l’exploitant à effectuer les tâches nécessaires au redémarrage, comme le remplacement du combustible nucléaire ou le déplacement des barres de contrôle.

Le surrégénérateur à neutrons rapides de Monju, qui emploie un mélange d’oxydes de plutonium et uranium (MOX), est de nouveau stoppé depuis un incident survenu en août 2010. Il venait alors tout juste d’être remis en fonction à l’essai, après 14 ans et demi d’arrêt dû à un grave accident en 1995 (fuite de sodium et incendie).

Mis en chantier en 1985, ce prototype avait été lancé en 1994 et, malgré un grand nombre d’avaries et les arrêts prolongés, l’exploitant pensait qu’il pourrait être pleinement opérationnel d’ici à mars 2014, un objectif désormais absolument irréaliste.

La survenue en mars 2011 de l’accident de Fukushima a en outre entraîné une réorganisation de la réglementation des installations nucléaires dont pâtit aussi Monju, d’autant qu’il fait en plus l’objet d’enquêtes géologiques en raison de craintes de présence de faille active.

© AFP

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