Déchets radioactifs: le projet français de stockage parmi les plus avancés

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Déchets radioactifs: le projet français de stockage parmi les plus avancés

Un couloir du laboratoire souterrain de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). à Bure, dans l’est de la France, le 4 février 2013 © AFP/Archives Jean-Christophe Verhaegen

PARIS – (AFP) – Le projet Cigéo de stockage géologique des déchets radioactifs, dans l’est de la France, qui va être soumis à débat public à compter de mercredi, figure parmi les plus avancés dans le monde, avec les programmes finlandais et suédois.

« Le problème touche tous les pays disposant d’installations électronucléaires qui produisent des déchets à haute activité et des déchets à vie très longue », explique à l’AFP Gérald Ouzounian, directeur international de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Au niveau européen, une directive de juillet 2011 exige la publication d’un programme national de gestion par chaque pays membre d’ici juillet 2015.

La France, la Finlande et la Suède prévoient un début de construction de leur site de stockage souterrain des déchets radioactifs les plus dangereux d’ici 3 à 5 ans, pour une entrée en exploitation entre 2021 et 2025.

Tandis que la France a choisi l’argile de la région de Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, les deux pays nordiques ont opté – géologie locale oblige – pour le granit.

Le projet français de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), développé par l’Andra, prévoit le stockage, à 500 mètres de profondeur, des déchets de « haute activité », principalement des résidus hautement radioactifs issus du traitement des combustibles usés, et des déchets de « moyenne activité à vie longue ».

Les suédois et finlandais, qui ont un parc électronucléaire moins important, vont stocker directement les combustibles usés, sans retraitement.

Si les projets sont déjà bien avancés dans les trois pays, ils restent soumis à une série de feux verts de différentes instances.

« La constante de temps entre le début de la recherche de site et la mise en service est de l’ordre de la trentaine d’années », relève Gérald Ouzounian.

En France, le débat public est un préalable à la demande d’autorisation, dont le dépôt est prévu en 2015. Sous réserve d’autorisation, les premiers travaux de construction interviendraient en 2019, pour un début d’exploitation en 2025.

La même échéance est prévue en Suède pour l’ouverture du site de Forsmark, dans une roche granitique à 500 mètres de profondeur. Le permis de construire est en cours d’instruction depuis 2010. « Nous espérons obtenir ce permis fin 2016 pour lancer dès 2017 la première phase de construction », a déclaré Saida Laârouchi-Engström, vice-présidente de SKB, l’organisme en charge de la gestion des déchets radioactifs, citée dans un document de l’Andra.

En Finlande, dont le programme est très proche de celui de la Suède, la société Posiva Oy a déposé fin 2012 une demande de permis de construire d’une installation de stockage profond sur le site d’Olkiluoto. Son exploitation pourrait débuter dès 2021.

D’autres pays ont des échéances beaucoup plus lointaines ou sont encore en phase d’études, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne en Europe, les Etats-Unis ou le Canada.

En Belgique, les études se poursuivent en prévision du stockage dans une couche d’argile à 225 m de profondeur, à Mol. Il ne pourrait démarrer qu’à partir de 2050.

De son côté, l’Espagne a réorienté ses priorités vers l’entreposage centralisé des combustibles usés, au moins jusqu’en 2050.

Aux Etats-Unis, un projet de stockage de déchets à haute activité dans le Nevada a été abandonné en 2009 et le processus de recherche d’un site vient de redémarrer. L’objectif est d’ouvrir un stockage en 2048.

En Chine, la construction du futur site de stockage, dans le désert de Gobi, n’est pas prévue avant 2040.

Quant au Japon, il prévoit un choix définitif du site en 2025, en vue d’une exploitation en 2035.

« La concertation est incontournable », souligne Gérald Ouzounian. « Techniquement, on sait faire depuis 20 ou 30 ans, mais c’est un problème de société, avec des questions sociales, éthiques, etc., qui surgissent dans tous les pays ».

© AFP

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