Environnement: recycler les meubles usagés

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Environnement: recycler les meubles usagés

Des machines d’électroménager prêtes à être recyclées © AFP/Archives Damien Meyer

PARIS (AFP) – La montagne de déchets d’ameublement produits chaque année – plus de 2 millions de tonnes – généralement enfouis ou incinérés, vont pouvoir avoir une seconde vie grâce à la création de filières de recyclage, financées à partir du 1er mai par une éco-contribution.

Comme dans d’autres filières de tri, la collecte et le traitement de ces meubles usagés ont été confiés à un éco-organisme, créé par les industriels du secteur à qui la loi impose de gérer leurs déchets.

Cette nouvelle filière meubles était inscrite dans la loi Grenelle 2 de 2010.

Particularité: il a été décidé d’avoir deux éco-organismes, l’un pour la filière « particuliers » (Eco-Mobilier) et l’autre, Valdelia, pour les meubles des entreprises, collectivités (hôpitaux, écoles, etc.), magasins et cafés-hôtels-restaurants.

Certifiés depuis fin 2012, Eco-Mobilier et Valdelia oeuvrent depuis pour mobiliser tous les vendeurs de meubles, qui devront faire payer l’éco-contribution aux acheteurs avant de la reverser à l’éco-organisme ad hoc.

Les vendeurs ont tout intérêt à rejoindre au plus vite le système, le paiement de l’éco-contribution étant rétroactif au 1er mai quelle que soit la date d’adhésion. « 60% du marché (des meubles professionnels) est dans la boucle aujourd’hui, nous visons près de 80% à la fin de l’année », précise Arnaud Humbert-Droz, directeur général de Valdelia.

Les éco-contributions iront de dizaines de centimes pour une chaise basique à une poignée d’euros pour les objets les plus lourds et les matelas.

« La collecte, qui se fait directement chez le détenteur à partir de 2,4 tonnes et 20m3 ou dans des points d’apport volontaire que nous mettons en place, a débuté en mars », explique Arnaud Humbert-Droz. Le but est d’avoir en 2017 un point d’apport volontaire tous les 40 km, contre environ 400 km aujourd’hui.

A ce jour, 22 centres de tri ont été sélectionnés. Exemple: le site de Vert-le-Grand (Essonne) qui gère les déchets du sud de l’Ile-de-France. « Nous traitons environ 70.000 tonnes de déchets secs (Ndlr: cartons, ferraille, plastiques, etc.) pour une capacité de 200.000 tonnes, nous avons donc de la marge », explique Marc Rajade, son directeur général.

L’économie sociale (Emmaüs etc) « aura accès au gisement de meubles en bon état en vue d’une réutilisation », assure le patron de Valdelia.

Mais la grande partie sera recyclée: bois, plastique, métal seront au maximum transformés en +matières premières secondaires+, c’est-à-dire vendus à des industriels et réintroduits dans un cycle de production.

Un objectif ambitieux a été fixé: atteindre d’ici fin 2017 un taux de recyclage de 75% des déchets d’ameublement des professionnels (600.000 tonnes). Le budget de Valdelia s’élève pour 2013 à 30 millions d’euros et devrait grimper à 100 millions en 2017. En 2013, une collecte de 87.000 tonnes est visée.

Pour les particuliers, la filière n’est pas encore opérationnelle mais les milliers de vendeurs de meubles – grandes enseignes ou indépendants – adhèrent peu à peu à Eco-Mobilier. En magasin, l’éco-contribution devra clairement être indiquée avec le prix de l’objet à partir théoriquement du 1er mai.

« La montée en charge va être progressive », affirme Dominique Mignon, directrice général d’Eco-Mobilier, qui table sur un budget « en rythme de croisière » de 300 millions d’euros.

Les discussions sont engagées avec les collectivités qui gèrent les 4.500 déchetteries. Il y aura désormais une benne « meubles » prenant tous les matériaux, y compris les matelas.

Pour le tri, « les choix des prestataires auront lieu en juillet et l’exploitation démarrera véritablement en septembre », prévoit Dominique Mignon.

L’objectif pour les particuliers est en 2017 un taux de recyclage/réutilisation de 45% sur un gisement d’1,7 million de tonnes (contre 25% aujourd’hui dont 3% dans l’économie sociale).

En plus des 45% recyclés, 35% devront servir à produire de l’énergie (essentiellement le bois).

Pour Nicolas Garnier d’Amorce (collectivités), le « défi », c’est la collecte: « il faudra aller vers un système de récupération en magasin ou lors d’une livraison ».

© AFP

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