Delphine Batho demande une nouvelle expertise sur le centre de déchets près du Haras du Pin

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Delphine Batho demande une nouvelle expertise sur le centre de déchets près du Haras du Pin

La ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, le 19 mars 2013 à Paris © AFP/Archives Patrick Kovarik

NONANT-LE-PIN (Orne) – (AFP) – La ministre de l’Écologie, Delphine Batho, a demandé que soit réalisée une nouvelle expertise liée au futur centre de déchets industriels de Nonant-le-Pin (Orne), près du Haras national du Pin, et assuré qu’en attendant les conclusions, aucune autorisation d’ouverture du centre ne serait délivrée.

La décision de la ministre a été annoncée samedi par le député PS de l’Orne, Yves Goasdoué, lors d’une nouvelle manifestation réunissant sur le site quelque 350 opposants à ce projet, a constaté un correspondant de l’AFP.

M. Goasdoué a confié à l’AFP qu’il avait eu dans la matinée une conversation téléphonique avec la ministre. Celle-ci a été destinataire d’un rapport rédigé par un expert hydrogéologique auquel des associations de défense du site de Nonant-le-Pin et d’éleveurs avaient demandé une étude.

L’expert « concluait à l’existence d’une nappe phréatique et des failles qui n’étaient pas apparues dans les documents qui ont servi de base au tribunal administratif (en février 2011) pour exiger du préfet la délivrance de l’autorisation de création du centre » de stockage, a expliqué M. Goasdoué.

Mme Batho a considéré que ce rapport « était suffisamment sérieux pour le faire expertiser de manière indépendante », a ajouté M. Goasdoué. « Elle m’a dit qu’en attendant les résultats de cette nouvelle expertise, il n’y aurait pas d’autorisation d’ouverture » de ce centre de stockage construit par le groupe GDE. « Ceci conduit à un moratoire de fait ».

Le centre, dont la construction a débuté en mars 2012 (BIEN mars 2012) et est très avancée, jouxte le haras et devait ouvrir à brève échéance pour accumuler pendant ses 17 années d’exploitation 2,34 millions de tonnes de déchets industriels.

Les éleveurs craignent que des fuites ne polluent ces terres à la qualité réputée auprès des propriétaires de chevaux de la région. De nombreux haras privés gravitent autour du Haras national du Pin.

La décision de la ministre « intervient à quelques semaines de la dernière étape de ce projet, l’autorisation d’exploiter », a précisé auprès de l’AFP le président PS du conseil régional de Basse-Normandie, Laurent Beauvais, qui a participé à la manifestation avec notamment l’animateur de télévision Thierry Ardisson, qui possède une maison dans les environs.

« J’avais moi-même demandé un moratoire », a ajouté M. Beauvais, selon lequel « le choix de Nonant-le Pin, zone d’élevage, pour une décharge de déchets industriels est un mauvais choix ».

Et « on avait l’impression qu’il n’y avait pas eu toute la transparence nécessaire lors des études précédentes », a-t-il ajouté. « Or le problème est de savoir si ce chantier peut avoir des conséquences sur la santé et l’environnement ».

« On a gagné une bataille mais on n’a pas gagné la guerre », s’est exclamé Noëlle Sandoz, présidente de Nonant Environnement, interrogée par l’AFP. « On a été entendu par la ministre, on a eu raison de lui faire confiance », a-t-elle ajouté.

« Une fois que la ministre aura tiré sur la ficelle de ce dossier, on ira vers la victoire totale », a conclu Mme Sandoz.

GDE se présente comme le numéro deux du recyclage de déchets en France avec plus de 50 sites et un millier de salariés.

© AFP

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