Débat sur l’énergie: nucléaire et gaz de schiste sur le devant de la scène

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Débat sur l'énergie: nucléaire et gaz de schiste sur le devant de la scène

Vue des deux tours réfrigérantes de la plate-forme Areva du Tricastin, le plus important site d’enrichissement d’uranium en Europe, prise le 4 avril 2011 en bordure du Rhône © AFP/Archives Philippe Desmazes

PARIS – (AFP) – « Prolonger » la vie du parc nucléaire et ne pas se priver des gaz de schiste: après la patronne du Medef, 130 entreprises ont porté ces deux sujets controversés au coeur du Débat national sur la transition énergétique, dont le « Parlement » est réuni jeudi à Paris.

A mi-parcours du Débat, qui doit déboucher sur une loi de programmation à l’automne, les premières recommandations concrètes, sur la question de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, doivent être également posées sur la table ce jeudi.

Il ne faut pas « déstabiliser les filières matures de production d’énergie qui jouent un rôle pivot pour la transition énergétique », a déclaré François Michel, président du « groupe de contact entreprises », devant une centaine de représentants du gouvernement, ONG, syndicats, collectivités, parlementaires…

« Le parc nucléaire représente un atout fondamental pour notre pays, qui permet d’avoir une énergie peu chère » et il « faut rechercher une prolongation durable de son fonctionnement », a-t-il déclaré.

Ce groupe de contact rassemble 130 entreprises concernées par l’énergie (producteurs, gros consommateurs, efficacité énergétique).

Insistant sur la nécessaire « compétitivité » des entreprises françaises, le groupe estime aussi qu’il « convient d’évaluer le potentiel national des gaz de schiste et les modalités possibles de leur exploitation dans des conditions respectueuses de l’environnement ».

La veille, la patronne du Medef Laurence Parisot avait déjà plaidé en faveur de ces deux énergies.

« Mirages », a répondu le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Mathieu Orphelin. Il s’agit davantage « de la continuation du modèle actuel que d’une transition ».

Pour l’ONG Greenpeace, qui boycotte le débat, « en réclamant la prolongation à tout crin du parc nucléaire, ces entreprises engagent un bras de fer avec le chef de l’Etat ».

Le président François Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% en 2025, et de fermer la doyenne des centrales, Fessenheim, d’ici 2017.

Le député Europe Ecologie Les Verts (EELV) Denis Baupin a également interpellé le représentant des entreprises de l’énergie sur la question du coût de la prolongation du parc existant, 58 réacteurs, au delà de 30 ans.

Ce coût « est un élément extrêmement important pour juger si cette prolongation est réaliste ou pas », a-t-il dit.

© AFP

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