Nouvelle déconvenue dans la quête de pétrole au large de la Guyane

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Nouvelle déconvenue dans la quête de pétrole au large de la Guyane

Une plateforme offshore de la compagnie Tullow Oil au large de la Guyane française, en 2011 © AFP/Archives Jody Amiet

PARIS – (AFP) – La campagne de forages pétroliers au large de la Guyane française a essuyé un deuxième échec, une nouvelle déconvenue qui amenuise les espoirs soulevés par une découverte d’or noir en 2011, même si Shell croit toujours au potentiel du site et poursuit la prospection.

Un porte-parole de Shell a confirmé mardi à l’AFP cet échec annoncé un peu plus tôt par la compagnie pétrolière britannique Tullow Oil, qui est l’un des partenaires avec le français Total de la campagne d’exploration pétrolière menée par le géant pétrolier anglo-néerlandais dans les eaux guyanaises.

« Le forage du puits GM-ES-3 ou Priodontes n’a pas rencontré les hydrocarbures espérés », a-t-il déclaré.

Cet échec était à craindre depuis l’annonce semaine dernière que le forage du puits à sa profondeur initiale avait fait chou blanc. Shell avait néanmoins décidé de creuser un peu plus loin (jusqu’à plus de 6.300 mètres au total, dont 1.750 mètres d’eau), mais sans plus de réussite.

« La couche cible n’avait pas donné de résultats et nous avons donc poursuivi l’exploration à une plus grande profondeur, mais cela n’a pas donné les résultats attendus », a expliqué le porte-parole. Le puits a donc été dûment rebouché et abandonné.

C’est le deuxième échec successif essuyé par Shell, depuis que le géant pétrolier a pris la direction des travaux début 2012.

Sur la base d’un premier puits foré en 2011 par Tullow, baptisé GM-ES-1S ou Zaedyus-1, qui avait permis d’établir la présence d’or noir au large de la Guyane, Shell espérait un gisement d’au moins 300 millions de barils de brut. Mais un deuxième forage effectué l’an dernier à côté du premier s’était en revanche soldé par un échec.

Ce nouvel revers vient rappeler la prudence toujours de mise en matière d’exploration pétrolière.

Lors de la dernière réunion en mars d’une commission de suivi guyanaise, le patron de Shell France, Patrick Roméo, avait rappelé que l’exploration pétrolière est, par définition, un métier aléatoire, et qu’il n’est pas sûr que suffisamment de pétrole soit trouvé au final pour qu’il puisse être exploité.

Et dans le cas où des réserves suffisantes seraient trouvées, une mise en production nécessiterait la construction d’importantes infrastructures pour l’extraction et le transport du pétrole, avec d’importants investissements en Guyane à la clef. Une éventuelle extraction ne serait donc pas envisageable avant la fin de la décennie.

Néanmoins, malgré sa double déconvenue, Shell dit croire toujours au potentiel guyanais, et assure que les forages mêmes infructueux permettent d’améliorer sa connaissance du secteur. Les indices recueills serviront pour la suite de la campagne de prospection.

« Il y a toujours de l’espoir et on croit toujours au potentiel de la Guyane », a assuré le porte-parole de Shell.

Le creusement d’un nouveau puits, GM-ES-4, également surnommé Cebus, va ainsi démarrer dans « une huitaine de jours » selon la compagnie anglo-néerlandaise, le temps principalement de déplacer le navire de forage, le Stena Ice Max. Ce sera le quatrième puits en tout foré au large de la Guyane (le troisième sous l’égide de Shell), et un cinquième est prévu d’ici la fin de l’année.

« Ce nouveau forage va permettre d’évaluer une couche séditementaire distincte des puits précédents », a précisé Shell. Autrement dit, il vise à à détecter un éventuel gisement distinct de celui découvert en 2011. De son côté, Tullow a qualifié Cebus d’excellente cible de prospection.

Enfin, le permis de Guyane Maritime a été renouvelé l’an dernier jusqu’en juin 2016, ce qui laisse trois ans à Shell et ses partenaires pour poursuivre leurs travaux d’exploration. Ils devraient ainsi déposer cette année une demande d’ouverture de travaux pour pouvoir procéder à de nouveaux forages au-delà des deux autres encore prévus en 2013.

Ces opérations, qui suscitent les inquiétudes d’ONG environnementales, sont soumises à une réglementation qui va être bientôt renforcée avec la réforme en préparation du code minier.

© AFP

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