Le Parlement européen rejette le gel de la mise aux enchères de quotas de CO2

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Le Parlement européen rejette le gel de la mise aux enchères de quotas de CO2

Vue du Parlement européen à Strasbourg, le 13 juin 2004 © AFP/Archives Thomas Wirth

STRASBOURG (Parlement européen) – (AFP) – Le Parlement européen a refusé mardi d’augmenter le prix des permis de polluer en vente dans l’UE pour ne pas pénaliser l’activité industrielle frappée par la récession et marquer sa défiance face à l’absence d’accord international sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Les eurodéputés ont rejeté par 334 voix contre 315 et 63 abstentions une proposition de la Commission européenne visant à geler la mise aux enchères de 900 millions de tonnes de quotas d’émissions sur les 8,5 milliards mis en vente dans l’UE sur la période 2013-2020.

Ce gel aurait permis de doubler le prix du CO2, tombé à moins de 5 euros la tonne.

La Commission européenne « regrette ce résultat », a déclaré la vice-présidente Neelie Kroes.

L’amendement qui a tué la proposition défendue par la commissaire chargé du Climat, Connie Hedegaard, a été déposé par le groupe du Parti populaire européen (PPE-droite), la première force du Parlement européen qui rassemble notamment les élus UMP français et CDU allemands.

« Nous ne voulons pas faire supporter une nouvelle taxe » à l’industrie, a expliqué sa représentante, l’Italienne Amalia Sartori.

Le PPE a reçu dans son offensive le soutien de la Gauche unitaire européenne (GUE-communiste) qui considère le marché européen des quotas d’émission (ETS) « inefficace et pervers ». Les conservateurs britanniques et le groupe eurosceptique dirigé par Nigel Farrage ont également voté contre, ainsi que certains élus libéraux allemands.

Principal instrument des engagements climatiques européens, le marché des quotas d’émission de CO2 (ETS) est en pleine crise. Le prix de la tonne de carbone est descendu à 4,80 euros, contre dix euros il y a un an et il a encore chuté mardi après le rejet de la proposition de Mme Hedegaard.

Les 12.000 entreprises parties prenantes doivent depuis cette année acheter leurs droits à polluer, alors qu’ils leur étaient auparavant alloués gratuitement par les Etats.

Les entreprises les plus polluantes, notamment la sidérurgie, « ont tout intérêt à un prix du CO2 très bas », souligne-t-on de source européenne. D’autant qu’elles ont un trésor de 2 milliards de quotas non utilisés qui vont leur permettre de polluer gratuitement pendant des années, a-t-on précisé.

L’UE s’est astreinte à trois objectifs pour 2020: réduire ses émissions de gaz a effet de serre, dont le CO2, de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables et réaliser 20% d’économies dans sa consommation d’énergie. Elle devrait porter son effort de réduction à 40% en 2030 et à 60% en 2040.

© AFP

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