La Bolivie ouvre « la route du quinoa », la graine d’or des Andes

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La Bolivie ouvre

Des Boliviennes dans un champ de quinoa dans les Andes, au sud de La Paz, le 8 avril 2013 © AFP Aizar Raldes

LLICA (Bolivie) – (AFP) – A l’instar de la Colombie avec « la route du café » ou du Chili avec la « route du vin », la Bolivie a ouvert la « route du quinoa », choisissant avril, mois de la cueillette, pour faire la promotion de la « graine d’or » des Andes déjà cultivée par les Incas.

Ce parcours d’environ 1.500 km, alternant sentiers escarpés, vastes plaines et routes rustiques, traverse les départements andins de La Paz, Oruro et Potosi.

C’est là que se concentre la production de la graine qui permettrait selon le gouvernement bolivien de faire sortir de la pauvreté les communautés rurales de la région.

La route passe à travers les champs où poussent les différentes variétés de quinoa, rouge, jaune ou noir, et les villages, où les touristes peuvent rendre visite aux cultivateurs et acheter leurs produits.

Ainsi Flavio Carvajal, petit producteur de Llica, une communauté au nord du célèbre Salar de Uyuni, le plus vaste désert de sel de la planète, sur les hauts plateaux du sud-ouest de la Bolivie, explique le cycle du quinoa.

« J’ai commencé à labourer au mois de mars de l’an dernier, en septembre j’ai semé et maintenant nous sommes prêts pour la récolte », faite à la main, dit-il à l’AFP.

Dans un autre village de l’altiplano, Challapata dans la région de Oruro, Dora Flores, une dynamique agricultrice, travaille avec une moissonneuse-batteuse dernier cri fabriquée en Inde qui lui a coûté 85.000 dollars.

« Avec cette machine, je peux récolter mes 80 hectares, mais maintenant j’ai besoin d’une autre machine pour les semailles », dit-elle.

Dans le village, la compagnie Anapqui se charge d’exporter le quinoa aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.

« Nous produisons près de 600 tonnes de quinoa » pour l’exportation, indique à l’AFP Antonia Zenteno, la responsable de Anapqui, une association de cultivateurs indiens aymaras.

La Bolivie est le principal producteur et exportateur de quinoa, avec 70% du marché mondial.

Selon des chiffres officiels, la Bolivie produit 48.500 tonnes de quinoa annuellement, sur plus de 95.000 hectares, attribuées pour 70% à l’exportation, en particulier vers les Etats-Unis et en Europe, le reste étant réservé à la consommation locale.

2013 a été déclarée « Année internationale du quinoa » par les Nations unies, en hommage aux populations andines qui ont su préserver cet aliment cultivé depuis 7.000 ans et à la base de l’alimentation de civilisations millénaires.

Le président bolivien Evo Morales, désigné l’an dernier « ambassadeur spécial » de la FAO, l’Organisation des nations unies pour l’Agriculture et l’alimentation afin de promouvoir ce « super aliment » et la Première dame du Pérou, Nadine Heredia, se sont fait les porte-paroles du quinoa à travers le monde.

Le quinoa est une pseudo-céréale qui ne fait pas partie de la famille des graminées, mais de celle de la betterave et des épinards (les Chénopodiacées).

Ses qualités nutritives (digeste, sans gluten, pauvre en lipides, riche en fer, Oméga-3 et protéines) ont été découvertes dans les années 70 en Occident où elle est généralement vendue dans des magasins biologiques ou de commerce équitable.

Selon les spécialistes, le quinoa est l’unique aliment végétal qui possède tous les acides aminés essentiels; sa valeur nutritionnelle est plus importante que celle de l’oeuf ou du lait et peut être seulement comparée à la viande.

Sa culture est actuellement expérimentée aussi en Europe, en Asie, en Afrique et en Australie, car la plante parvient à pousser dans des zones semi-arides et jusqu’à 4.000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Pour le représentant de la FAO en Bolivie, le Brésilien Crispín Moreira, qui vient de faire « la route du quinoa », la graine « est devenue une alliée des pays pauvres pour combattre la faim et promouvoir la sécurité alimentaire », dit-il à l’AFP.

© AFP

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