Rejet d’un recours de Sortir du nucléaire contre des travaux à Fessenheim

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Rejet d'un recours de Sortir du nucléaire contre des travaux à Fessenheim

La centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, le 9 avril 2013 © AFP Sebastien Bozon

PARIS – (AFP) – Le Conseil d’Etat a rejeté mercredi un recours du réseau Sortir du nucléaire visant à empêcher la réalisation à la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) de travaux de renforcement prescrits par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’association craint que ces travaux donnent un argument à EDF pour poursuivre l’exploitation du réacteur, au nom de sa rentabilisation, alors que le gouvernement s’est engagé à fermer la plus vieille centrale de France d’ici fin 2016.

Parmi ses arguments, le Conseil d’Etat met en avant « qu’aussi longtemps qu’aucun décret de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement n’est intervenu (…) une installation nucléaire de base est autorisée à fonctionner, dans des conditions de sûreté auxquelles il incombe à l’ASN de veiller », selon la décision du Conseil.

En juillet 2011, à l’issue du réexamen décennal de sûreté, l’ASN avait autorisé la poursuite de l’exploitation du réacteur N.1 de Fessenheim (qui abrite deux réacteurs) à condition que des travaux soient réalisés, dont le renforcement d’ici le 30 juin 2013 du radier, la dalle de béton sur laquelle est construit le réacteur.

Ces travaux, pour lesquels l’ASN a donné son autorisation en décembre 2012, doivent débuter « courant avril » et prendre quelques semaines, a-t-on appris lundi auprès de l’autorité.

Le renforcement du radier, moins épais à Fessenheim que dans les autres centrales selon l’ASN, consistera à épaissir la dalle mais aussi à en augmenter la surface pour permettre un étalement du corium (mélange de produits en fusion) en cas d’accident grave.

Le jugement ne portait que sur l’urgence, et pas sur le fond. « Le juge a décidé de rejeter notre demande de suspension des travaux. Nous attendons désormais l’audience sur le fond devant le Conseil d’Etat » pour contester le bien fondé même de l’autorisation, a commenté Marie Frachisse, coordinatrice pour les questions juridiques au Réseau Sortir du nucléaire.

Mais d’ores et déjà, les auteurs du recours sont « évidemment déçus », précise Jean-Marie Brom, responsable Est du Réseau, pour qui la décision du conseil d’Etat n’est « pas étonnante ».

« Les apparences de la loi ont été sauves, mais ça n’enlève rien au fond de l’affaire, qui est que ces travaux sont inutiles », a-t-il dit à l’AFP. « Alors que le président François Hollande a dit qu’il veut fermer Fessenheim, l’Etat met lui-même tous les obstacles possibles et imaginables pour l’en empêcher », a déploré M. Brom.

« Nous pensions que le Conseil d’Etat serait sensible d’une part à l’urgence et à nos arguments sur la nécessité d’une enquête d’utilité publique préalable », a estimé pour sa part André Hatz, porte-parole de l’association Stop Fessenheim.

Pour l’heure, « le pot de fer l’a emporté contre le pot de terre », a-t-il déploré en se réjouissant que la demande d’EDF d’imposer un défraiement de 10.000 euros aux associations antinucléaires n’ait pas été retenue par le Conseil d’Etat

© AFP

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