Revers pour l’agriculture bio avec un coup d’arrêt des conversions

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Revers pour l'agriculture bio avec un coup d'arrêt des conversions

Marché bio à Paris en 2007 © AFP/Archives Stephane de Sakutin

PARIS – (AFP) – Après des années d’essor, les demandes de conversion en agriculture bio subissent un coup d’arrêt, assure le président de l’Agence Bio Etienne Gangneron qui attribue ce revers à un tassement des prix entre bio et conventionnel.

« Dans certaines régions, on n’a aucun dossier de conversion depuis le début de l’année » a indiqué mardi M. Gangneron pour qui le mouvement « a commencé en 2012 », sans qu’il ait encore de chiffres disponibles à avancer.

« Un secteur se maintenait encore, celui du vin, mais les prix ont commencé à baisser à leur tour », a-t-il ajouté.

Or c’est justement le tassement du différentiel de prix entre produits bio et non bio qui rend la conversion et sa prise de risque trop aléatoire, alors que les rendements sont moindres par rapport au gain escompté par le producteur, explique-t-il.

« C’est particulièrement vrai dans les céréales et les viandes: je pourrais même parfois vendre des animaux bio moins cher », affirme M. Gangneron, lui-même agriculteur bio dans le Cher.

Il y a 10 ans la tonne de blé était payée 100 euros au producteur, contre 240 environ aujourd’hui (voire plus de 280 l’été dernier). Même si le prix du bio a lui aussi augmenté, le plus que doublement du prix du blé conventionnel, « rend le bio moins attrayant », insiste à son tour Christophe Cardet, conseiller en maraîchage bio à la Chambre d’agriculture du Maine-et-Loire.

La période de conversion est particulièrement difficile pour l’agriculteur, notent les experts: pendant trois ans il est soumis aux contraintes de la production bio sans pouvoir vendre ses produits comme tel.

Sans compter la concurrence des importations à moindre coût, en provenance de pays où la main d’oeuvre — indispensable et plus importante en bio — est moins chère et le manque de soutien de la restauration collective.

Le président de l’Agence Bio, dont la mission est de développer et de promouvoir l’agriculture biologique, y voit une « crise d’adolescence », passagère donc alors que l’adhésion des consommateurs ne se dément pas (64% ont consommé du bio en 2012, contre 37% en 2003 et 40% en 2011).

Depuis quelques années, le nombre d’exploitations en conversion était exponentiel, de 14% en 2008 à 32% en 2010 et encore 28% en 2011.

Pourtant, rapporte le président des Chambres d’Agriculture Guy Vasseur, il a vu dans l’Hérault, des exploitations passées en bio repasser au conventionnel à la faveur d’une succession.

© AFP

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