Sortir du nucléaire conteste les travaux de renforcement de Fessenheim

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Sortir du nucléaire conteste les travaux de renforcement de Fessenheim

Manifestation d’anti-nucléaires aux abords de la centrale de Fessenheim, le 26 juin 2011 © AFP/Archives Sebastien Bozon

PARIS – (AFP) – Le Conseil d’Etat a examiné lundi un recours du réseau Sortir du nucléaire visant à empêcher la réalisation à la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) de travaux de renforcement prescrits par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour permettre au site de poursuivre son activité pendant dix ans.

Le Conseil d’Etat, saisi en référé, doit rendre sa décision d’ici 48 heures, ont indiqué à l’AFP l’association et l’ASN.

En juillet 2011, à l’issue du réexamen décennal de sûreté, l’ASN avait autorisé la poursuite de l’exploitation du réacteur N.1 de Fessenheim (qui abrite deux réacteurs) à condition que des travaux soient réalisés, dont le renforcement d’ici le 30 juin 2013 du radier, la dalle de béton sur laquelle est construit le réacteur.

Ces travaux, pour lesquels l’ASN a donné son autorisation en décembre 2012, doivent débuter « courant avril » et prendre quelques semaines, a-t-on appris lundi auprès de l’autorité.

Le renforcement du radier, moins épais à Fessenheim que dans les autres centrales selon l’ASN, consistera à épaissir la dalle mais aussi à en augmenter la surface pour permettre un étalement du corium (mélange de produits en fusion) en cas d’accident grave.

Au vu « de l’ampleur » des travaux prévus, cette modification aurait dû être précédée une enquête publique, estime Marie Frachisse, juriste de Sortir du nucléaire, pour justifier le recours de l’ONG.

« Alors même que le gouvernement s’est engagé à fermer la centrale durant le quinquennat, autoriser ces travaux revient à donner un argument à EDF, qui ne manquera pas d’invoquer leur rentabilisation pour justifier la poursuite de l’exploitation du réacteur », estime l’association.

L’ASN a pour sa part fait valoir à l’audience de lundi que ses décisions « étaient fondées en droit », les modifications prévues par l’exploitant EDF entrant dans le cadre du décret d’autorisation de la centrale, a indiqué à l’AFP sa directrice générale adjointe, Sophie Mourelon.

La direction de la centrale nucléaire de Fessenheim avait confirmé en janvier que le renforcement des « radiers » situés sous les deux réacteurs, d’un coût estimé de 20 à 30 millions d’euros, auraient lieu dans l’année, indépendamment de la volonté du gouvernement de fermer la doyenne des centrales françaises d’ici fin 2016.

© AFP

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