Mexique: les parcs éoliens se développent mais suscitent la contestation

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Foreign wind farms cause uproar in Mexican villages

Picture taken on November 29, 2011 of wind turbines in northern Ethiopia © AFP/File Jenny Vaughan

OAXACA (Mexique) – (AFP) – Des groupes énergétiques étrangers ont investi récemment dans une région du sud du Mexique, réputée être l’une des zones les plus ventées au monde, pour y construire des parcs éoliens, mais ces projets rencontrent la résistance de populations locales indigènes.

La construction d’éoliennes a pris son essor récemment dans l’isthme de Tehuantepec, la zone du Mexique où la distance est la plus courte entre l’Atlantique et le Pacifique, dans l’Etat de Oaxaca, avec des investissements venus d’Europe, du Japon ou d’Australie.

Ce type d’énergie renouvelable représentait seulement deux mégawatts en 2006, selon l’Association mexicaine de l’énergie éolienne (Amdee). Actuellement, elle est passée à 1.400 megawatts par an, avec un objectif de 12.000 mégawatts à l’horizon 2020, soit 15% de l’énergie nationale.

Mais certaines communautés indigènes, craignant la mise en péril des activités agricoles et la pêche, ont bloqué deux projet dans l’Etat de Oaxaca, dont le projet de parc éolien le plus important d’Amérique latine.

« Ils ont bouleversé la vie des villageois de l’isthme de Tehuantepec en interférant dans leur travail quotidien », dit à l’AFP Carlos Beas Torres, dirigeant de l’Union des communautés du nord de l’isthme.

« Les gens ont été montés les uns contre les autres, parce que les compagnies mexicaines et multinationales qui ont investi ici ont profité du manque d’informations parmi les population indigènes pour louer leurs terres au prix de 1.000 pesos (63 euros) l’hectare annuellement », poursuit-il.

Il y a actuellement 18 parcs éoliens en opération au Mexique, neuf autres en construction ainsi qu’une douzaine de plus en développement, selon le président de l’Amdee, Adrian Escofet.

La grande majorité est située dans l’Etat de Oaxaca. Mais leur présence a provoqué la réaction de populations locales comme les Zapotèques, avec des manifestations qui ont donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre.

Fin mars, 22 personnes ont été blessées lorsque la police a voulu dégager une route bloquée par des protestataires. L’opération visait à libérer le chemin vers un plage que les opposants bloquent depuis le 25 février, affectant les ventes des commerçants locaux.

Ceux-ci sont favorables aux parcs éoliens, parce qu’ils considèrent qu’ils vont créer des emplois dans cette zone, l’une des plus pauvres du Mexique.

La concession d’un parc a été attribuée dans cette zone à la firme espagnole Fenosa qui prévoit la construction de turbines avec des pales dont l’envergure est supérieure à 100 mètres.

En décembre un autre épisode violent fait 5 blessés à San Donisio del Mar, une localité où est prévue l’installation d’un parc éolien qui serait le plus important d’Amérique latine.

Un consortium d’investisseurs mexicains, australiens et japonais, Renovables Marena, prévoit l’installation de 132 turbines et une capacité de production de 396 mégawatts.

Mais la construction a été retardée par les opposants au projet qui affirment que l’installation de turbines géantes sur une frange de plage située entre le Pacifique et une lagune où abonde le poisson serait préjudiciable à l’environnement.

« Nous pensons que c’est un projet incroyable qui bénéficiera à tous », assure au contraire Jonathan Davis Arzac, chef du fonds d’infrastructure du groupe australien Macquarie, qui finance le projet Marena.

« Il n’y a pas de perdants dans ces cas, seulement des gagnants », dit M. Arzac dans une vidéo publiée sur le site de la compagnie.

En février, Renovables Marena a assuré que la production d’énergie à San Dionisio del Mar apporterait à la population entre 1,2 et 1,4 million de dollars par an, en dehors des revenus de la location des terres.

Le secrétaire général de l’Etat de Oaxaca, Javier Alvarez, assure que les discussions pour reprendre les travaux sont en cours. « Je crois que les conflits actuels pourront se résoudre par la négociation », affirme-t-il.

© AFP

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