Nucléaire: l’EPR d’Areva écarté de l’appel d’offres du Finlandais Fennovoima

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Nucléaire: l'EPR d'Areva écarté de l'appel d'offres du Finlandais Fennovoima

Chantier de l’EPR construit par Areva à Olkiluoto, en Finlande, le 15 mars 2010 © AFP/Archives Jacques Demarthon

HELSINKI (AFP) – Le groupe finlandais d’énergie nucléaire Fennovoima a annoncé lundi qu’il écartait le réacteur EPR du Français Areva pour la construction de la troisième centrale nucléaire de Finlande, au profit du projet du Japonais Toshiba.

« Les négociations directes avec Toshiba vont commencer immédiatement » pour un réacteur EU-ABWR à eau bouillante de 1.600 mégawatts, indique Fennovoima dans un communiqué.

Fragilisé par le retrait de l’Allemand EON (qui détenait 34% du projet) en octobre, le consortium finlandais précise néanmoins que la taille du réacteur qui sera construit reste incertaine et qu’il « commence à réfléchir à la construction d’un réacteur de taille moyenne », de 1.000 à 1.300 mégawatts.

Dans ce cas de figure, Fennovoima étudiera en remplacement les modèles de moyenne puissance de Toshiba, mais aussi d’Areva et du Russe Rosatom, a précisé le groupe finlandais, une décision devant être prise fin mars.

Interrogé par l’AFP, Areva a jugé qu’il n’était pas définitivement éliminé.

« On va effectivement répondre à l’invitation de Fennovoima pour un réacteur de taille moyenne », a précisé un porte-parole du groupe français, qui cherche à vendre son premier réacteur de taille moyenne, l’Atmea.

En parallèle, « on continue de travailler à une offre EPR avec l’accord de Fennovoima », a-t-il indiqué.

Le groupe français s’est par ailleurs étonné de l’ouverture de discussions avec Rosatom, qui emploie depuis début 2012 Jukka Laaksonen, l’ancien patron de l’autorité nucléaire finlandaise (Stuk), dans sa division export Rosatom Overseas.

De son côté, Toshiba a précisé qu’il ne s’agissait pas encore de négociations exclusives, même s’il est le seul à avoir atteint ce stade.

« Nous sommes honorés d’être invités à entamer des pourparlers avec Fennovoima », a déclaré Kiyoshi Okamura, vice-président de Toshiba Power Systems Company, cité dans un communiqué.

L’Américain Westinghouse, filiale de Toshiba qui a travaillé sur de nombreuses centrales nucléaires en Europe, devrait être associé aux travaux, selon le groupe japonais.

L’annonce de Fennovoima intervient alors qu’Areva est déjà à la peine en Finlande, où le groupe construit un réacteur EPR pour l’électricien TVO à Olkiluoto, sur la côte sud-ouest. Le consortium Areva Siemens et le futur exploitant s’accusent mutuellement d’être responsables du retard de sa mise en service, qui pourrait dépasser les sept ans, selon TVO.

Le PDG de Fennovoima Juha Nurmi a affirmé à l’AFP que ces problèmes n’avaient pas influencé la décision du groupe, « fondée sur les offres des constructeurs et nos analyses des dossiers ».

Fennovoima a été fondée en 2007 pour bâtir une centrale à Pyhäjoki, également sur la côte ouest de la Finlande, dans une région peu peuplée à près de 500 km au nord d’Helsinki.

Areva, dont l’EPR a déjà été écarté d’un appel d’offres en République tchèque en octobre, reste en lice pour un autre éventuel EPR supplémentaire à Olkiluoto.

L’office tchèque de la concurrence (UOHS) a d’ailleurs confirmé lundi l’exclusion d’Areva de la course aux deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Temelin.

Le groupe nucléaire français, qui espère en vendre sous peu deux exemplaires en Inde, a maintenu en décembre son objectif de dix commandes d’ici 2016.

Dans l’après-midi à la Bourse de Paris, l’action Areva perdait 0,33% à 13,58 euros, dans un marché en nette hausse. Depuis la catastrophe de Fukushima, le titre a perdu plus de la moitié de sa valeur.

© AFP

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