Des médecins parisiens tirent la sonnette d’alarme sur la pollution de l’air

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Des médecins parisiens tirent la sonnette d'alarme sur la pollution de l'air

Un panneau limitant la vitesse à 30 km/h dans Paris © AFP/Archives Martin Bureau

PARIS – (AFP) – La pollution de l’air ôterait 8 mois de vie à chaque Parisien: des médecins de la capitale, constatant « au quotidien » dans leur cabinet la hausse de toux chroniques ou d’asthme, ont lancé un « appel » pour refuser « l’indifférence face à cette atteinte à la santé de nos patients ».

« On a un peu le sentiment d’être les voitures-balais, on constate les dégâts mais les causes ne sont pas traitées sérieusement », a expliqué jeudi à l’AFP le Dr Bernard Jomier, installé dans le XIXe arrondissement et par ailleurs élu (EELV) d’arrondissement, l’un des généralistes à l’origine de cet appel.

La trentaine de médecins signataires constatent « au quotidien », chez leurs patients, une hausse des toux chroniques, des crises d’asthme ou des pathologies cardiovasculaires en adéquation « avec ce que nous disent les études scientifiques », a assuré ce médecin généraliste.

« L’institut de veille sanitaire (InVS) évalue à 3.000 le nombre de décès annuels évitables par l’amélioration de la qualité de l’air des 9 principales villes françaises », rappelle l’appel des médecins (http://bit.ly/VfMJEv).

« Au total, ce sont 8 mois d’espérance de vie que la pollution de l’air retire à chaque Parisien », soulignent les signataires, refusant « l’indifférence face à cette atteinte à la santé de nos patients ».

A l’Etat comme à la Ville de Paris, les médecins demandent « une réglementation plus protectrice de la santé de la population ».

« Il faut aller au-delà de la communication et des mesures symboliques », a souhaité le Dr Jomier, jugeant insuffisant le « plan d’urgence sur la qualité de l’air » annoncé la semaine dernière par la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, qui ciblait notamment les 6 millions de véhicules les plus polluants.

« La pollution aux particules fines est un fléau pour les populations locales mais aussi une humiliation politique et financière pour la France qui subit les rappels à l’ordre répétés de l’Union européenne », écrit René Dutrey, adjoint au maire écologiste en charge de l’Environnement, demandant au gouvernement de « mettre un terme à sa politique de soutien au diesel ».

© AFP

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