Le Parlement européen vote pour une pêche durable dans l’UE

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MEPs approve new EU sustainable fishery regime

Fish dealers wait for customers at the Sandakan central fish market in Malaysia on February 4, 2013 © AFP/File Mohd Rasfan

STRASBOURG (Parlement européen) – (AFP) – Le Parlement européen a approuvé mercredi à une large majorité une réforme qui, si elle est avalisée par les Etats membres, permettra de rendre plus durable la pêche dans l’Union européenne en mettant fin aux pratiques de surpêche.

Le texte a été adopté avec 502 voix pour, 137 voix contre et 27 abstentions, par les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg.

La réforme, censée entrer en vigueur en 2014, devra encore faire l’objet de discussions entre le Parlement et le Conseil, qui représente les Etats de l’UE. L’Irlande, qui préside actuellement les 27 pays, a dit espérer parvenir à un accord avant la fin de son mandat, en juin.

Les élus ont réclamé la reconstitution des stocks de poissons dans les eaux de l’UE, aujourd’hui surexploités, d’ici à 2015. Mais ils veulent aller au-delà du rendement maximal durable (RMD), qui n’autorise que la pêche ne mettant pas en danger la reconstitution des stocks, au plus tard en 2020.

L’UE est la troisième puissance de pêche mondiale derrière la Chine et le Pérou, mais ses ressources halieutiques déclinent: 68% des stocks de poissons – 47% en Atlantique et 80% en Méditerranée – sont affectés par la surpêche.

Les députés se sont aussi prononcés pour interdire progressivement les rejets en mer à partir de 2014. Cette pratique consiste à passer par-dessus bord les poissons non commercialisables car trop petits, abîmés ou simplement hors quotas, et représente près d’un quart des captures totales de l’UE. Obliger les pêcheurs à débarquer leurs prises les inciterait à être plus sélectifs.

La commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, s’est félicitée du « soutien » du Parlement européen à la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) qu’elle avait présentée en juillet 2011.

« Je me réjouis tout particulièrement du soutien du Parlement en faveur d’une politique qui repose sur l’exploitation durable des ressources halieutiques (…) et qui introduit une interdiction des rejets assortie de dates précises, destinée à mettre un terme à des pratiques synonymes de gaspillage que nous ne pouvons plus nous permettre », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Mais si les Etats membres partagent cet objectif de réduction du gaspillage, le calendrier de l’interdiction des rejets et ses modalités d’application risquent de faire l’objet de discussions tendues.

Les députés européens « de tous bords ont pris une décision historique aujourd’hui, en votant la fin de la surpêche pratiquée par l’UE depuis les années 80 », a salué Ocean2012, une alliance de 178 organisations européennes.

« Les océans, les poissons et ceux qui pêchent de manière durable ont à moitié remporté la bataille aujourd’hui », a souligné le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Mais les ministres européens de la Pêche doivent encore arrêter leur position et le WWF a dit espérer que « les gouvernements nationaux entendront le signal fort délivré par le Parlement et feront fi de leurs intérêts particuliers pour garantir un avenir durable à nos océans et à l’économie de pêche européenne ».

Une des pierres angulaires de la réforme proposée par l’exécutif européen est passée à la trappe mercredi: la libéralisation des quotas de pêche, le Parlement ayant préféré laisser le choix aux Etats d’instaurer un tel système.

Mme Damanaki souhaitait instaurer des « concessions de pêche transférables », système de marchés nationaux des droits de la pêche qui aurait donné l’occasion à ceux qui veulent quitter le métier de vendre leurs concessions aux plus offrants.

Mais la crainte était que cela favorise les industriels responsables de la surpêche.

© AFP

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