GDF Suez conclut un accord pour son futur parc hydrolien du Raz Blanchard

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GDF Suez conclut un accord pour son futur parc hydrolien du Raz Blanchard

Une hydrolienne, le 31 août 2011 © AFP/Archives Fred Tanneau

PARIS- (AFP) – GDF Suez a signé mardi un partenariat industriel pour conforter son projet de parc d’hydroliennes (turbines électriques sous-marines) au large de la Manche, qui exploitera le courant dit du Raz Blanchard, et dont l’implantation est désormais prévue en 2016.

L’énergéticien français et sa filiale de maintenance industrielle Cofely Endel ont signé un « accord de collaboration industrielle » avec Voith Hydro, concepteur d’hydrolienne appartenant à l’allemand Siemens et au norvégien Voith, ainsi qu’avec le constructeur naval CMN (Constructions Mécaniques de Normandie) et ACE, une coentreprise à 50/50 entre Cofely Endel et CMN, selon un communiqué.

GDF Suez dit ainsi réaffirmer « son ambition dans l’hydrolien et sa volonté de développer un parc pilote au Raz Blanchard dès 2016 ».

Initialement, le groupe avait dit vouloir installer dès 2015 un tel parc, qui comprendra 3 à 6 turbines d’une puissance totale de 3 à 12 mégawatts.

GDF Suez s’était lancé en juin dernier sur le créneau encore balbutiant des hydroliennes, en annonçant vouloir installer à partir de 2015 deux parcs pilotes, l’un dans la zone du Raz Blanchard (entre l’île anglo-normande d’Aurigny/Alderney et la Basse-Normandie), et l’autre dans le passage du Fromveur, au large de l’île d’Ouessant (Finistère).

GDF Suez, qui avait déjà sélectionné l’hydrolienne « HyTide » conçue par Voith Hydro pour le Raz Blanchard, explique qu’il va collaborer avec ses partenaires « sur les phases de construction, d’assemblage et de maintenance des hydroliennes » de ce futur parc pilote.

Il compte ainsi profiter de l’ancrage local de CMN, déjà implanté à Cherbourg, un site particulièrement propice « à la réalisation de ces opérations qui doivent pour la plupart être effectuées à proximité du site d’immersion des hydroliennes ». Et il souligne avoir effectué à l’été 2012 « une campagne complète de mesures en mer » au Raz Blanchard, qui lui a permis d’approfondir sa connaissance de ce puissant courant.

Le secteur des énergies marines renouvelables (ensemble de technologies en développement ou à l’étude qui inclut les éoliennes en mer fixes et flottantes, les hydroliennes, l’énergie houlomotrice ou énergie des vagues, et l’énergie thermique marine…) est en pleine effervescence en France, avec le soutien de l’Etat qui veut en faire émerger une nouvelle filière industrielle.

EDF, compatriote et rival de GDF Suez, a pris une longueur d’avance en matière d’hydroliennes, mais son propre projet de parc pilote à Paimpol-Bréhat, en Bretagne, subit des retards. Son hydrolienne prototype, qui aurait dû entamer une deuxième campagne d’essais fin septembre, est bloquée dans la rade de Brest à cause d’un problème technique.

Illustrant l’appétit des groupes français pour ce marché naissant, le géant industriel Alstom a annoncé fin janvier avoir finalisé l’acquisition de la PME britannique spécialisée dans les hydroliennes Tidal Generation Limited (TGL), quelques jours après l’achat de l’irlandais OpenHydro par DCNS, groupe français de construction navale qui se diversifie dans les énergies marines.

Le Raz Blanchard, un des courants marins les plus puissants d’Europe, concentre à lui seul la moitié du gisement d’énergie hydroliennne national, devant le passage du Fromveur, situé au sud de l’île d’Ouessant, qui représente environ 30% du potentiel hexagonal.

© AFP

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