Le « gaz made in France » de Montebourg fait tousser les ONG

Publié le : Last updated:

Le

Maison de mineurs devant un terril, le 28 janvier 2010 à Loos-en-Gohelle © AFP/Archives Philippe Huguen

PARIS – (AFP) – Le plaidoyer d’Arnaud Montebourg en faveur du gaz de houille, « un gaz made in France », a fait tousser lundi des associations de défense de l’environnement engagées dans le débat sur la transition énergétique, y voyant une « provocation » du ministre du Redressement productif.

« C’est une provocation délibérée. Si la transition énergétique à la française, c’est de consommer toujours plus d’énergies fossiles, cela ne nous intéresse pas… », a indiqué à l’AFP Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pour la transition énergétique.

A Lyon, où il a présidé le Comité stratégique de la filière chimie-matériaux, M. Montebourg a plaidé pour l’exploitation du gaz de houille pour réduire la facture énergétique des industries chimiques. « Un gaz made in France, un gaz en marinière en quelque sorte qui pourrait assurer à la France entre 5 et 10 ans de consommation », a-t-il déclaré, soulignant que ce gaz, contrairement au gaz de schiste, peut s’extraire sans recourir à la fracturation hydraulique, technique désormais interdite en France.

« Ce n’est pas ça qui va aider les entreprises. Ce qui va les aider, c’est d’investir dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables », a estimé M. Orphelin pour la FNH.

« Ils auront beau être en marinière, ces gaz resteront toujours aussi réchauffants pour le climat et n’en resteront pas moins du grisou », a indiqué de son côté Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (fédération de 3.000 associations).

M. Montebourg avait relancé en janvier l’idée d’exploiter en France le gaz de houille, le « grisou » des anciennes mines de charbon, alors que le débat fait rage sur le gaz de schiste.

Pour FNE, « cela ressemble fort à un cheval de Troie pour nous faire croire qu’il pourrait exister une exploitation écologique des hydrocarbures, or c’est faux ».

En fin de semaine dernière, FNE, la FNH et onze autres organisations ont écrit au Premier ministre pour lui demander « un entretien pour clarifier la position du gouvernement » sur divers sujets, donc le gaz de houille et le nucléaire.

© AFP

Media Query: