Premier état des lieux du land grabbing

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Premier état des lieux du land grabbing

Vue générale sur un enclos de village Himbas, région de Kunene, Namibie (18°15’ S – 13°00’ E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude

41 Etats pratiquent le land grabbing (ou accaparement de terres agricoles), et ce dans 62 pays, c’est-à-dire que les premiers s’approprient des terres afin de produire de la nourriture qu’ils importent ensuite. C’est ce qui ressort du premier état global du land grabbing publiée dans la revue PNAS, rapporte le site Science Daily le 22 janvier. La pratique s’est développée ces dernières années et apparentée pour certains à une forme de néocolonialisme, les populations locales perdent le contrôle de leurs terres. Pour d’autres, il s’agit d’une manière de se garantir un accès aux ressources alimentaires et de participer au développement des pays grâce à des transferts de technologie. Des Etats ou des grandes entreprises achètent donc des terres, ou bien obtiennent des concessions de longue durée dans des pays en développent pour les exploiter. Près de la moitié (47 %) des terres accaparées se trouvent en Afrique et un tiers (33 %) en Asie. La pratique s’accompagne aussi d’une appropriation indirecte de la ressource en eau. Près de 60 % de l’eau est ainsi accaparée par des entreprises venues des Etats-Unis, des Emirats Arabes Unis, de l’Inde, du Royaume-Uni, d’Egypte, de Chine t d’Israël.

L’un des chercheurs de l’Université de Virginia qui a participé àcette étude, Paolo D’Odorico estime que « la sécurité alimentaire des pays alimentaires dépend de plus en plus de l’agriculture dans les pays où le land grabbing est pratiquée. Dans ces derniers, les populations sont exclues de l’usage d’une grande partie des terres. Même une petite portion des ressources détournées suffirait à réduire durablement la sous-nutrition qui sévit encore dans ces pays. De plus, les populations perdent le contrôle direct et la gestion de leurs terres et des eaux. Sur le long terme, cela peut conduire à une surexploitation de ces ressources par les étrangers, avec des effets négatifs sur l’environnement, alors que les petits agriculteurs les géraient mieux. Les habitants abandonnent aux pays riches leurs plus précieuses ressources naturelles. Toutefois, les multinationales peuvent se permettre d’investir dans des technologies, comme l’irrigation, qui augmentent la productivité agricoles tout en créant des emplois pour les populations locales ».

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