Loués pour être replantés, ces sapins ne meurent pas à Noël

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Loués pour être replantés, ces sapins ne meurent pas à Noël

Un employé prépare des sapins de Noël, dans une plantation à Gergy, en Saône-et-Loire, le 11 décembre 2012 © AFP Philippe Desmazes

GERGY ( Saône-et-Loire) – (AFP) – Entre un champ de maïs et des tracteurs, un épicéa est emballé dans un sac blanc. Il sera livré à domicile puis récupéré après les fêtes de Noël pour être replanté et servir l’année suivante, un concept qui prend racine en France.

Salarié d’une exploitation céréalière de Saône-et-Loire, Benoît Virot, 24 ans, vient de se lancer dans le sapin de Noël.

Il a commandé à une grande pépinière du Morvan 400 arbres qu’il propose à la location: le client commande son sapin en pot sur internet, le reçoit chez lui, et n’a pas à abandonner le conifère sur le trottoir en janvier. Le sapin est en effet récupéré par un transporteur et replanté sur une parcelle de l’agriculteur.

Sa première commande était destinée à une Parisienne du XIe arrondissement, Elodie Drouard: « Quand j’étais petite, j’avais l’habitude de replanter le sapin dans ma résidence. Là, habitant sur Paris, c’est un peu difficile », explique-t-elle, ravie à l’idée que son sapin ne finisse pas « désenchanté dans un caniveau ».

« L’année prochaine, peut-être que quelqu’un d’autre voudra ce sapin là et il finira dans une nouvelle maison et il vivra un nouveau Noël avec d’autres personnes », s’enthousiasme-t-elle.

Benoît Virot ne livre pour l’instant que Paris et quelques cantons de Bourgogne mais il espère s’étendre jusqu’à la Méditerranée dès la saison prochaine.

« Des gens appellent déjà depuis la Drôme et la Côte d’Azur pour dire qu’ils sont intéressés », dit-il, reconnaissant sans détour que ses sapins sont plutôt destinés à des clients « qui gagnent bien leur vie » car leur prix (de 69 à 79 euros) est deux fois plus élevé que la moyenne en raison des frais de livraison et d’entretien.

Il travaille avec la société Ecosapin, créée par le Suisse David Berreby en 2009.

« On a commencé avec 150 sapins la première année à Genève et aujourd’hui on en propose 3.000 dans toute la Suisse », se réjouit l’entrepreneur, par ailleurs gestionnaire d’une société de prêt-à-porter.

« On voulait proposer une alternative entre le sapin en plastique, fabriqué avec des matériaux polluants, et le sapin coupé, explique David Berreby. Il y a toute une réflexion pour que ce soit vraiment respectueux de l’environnement, par exemple on s’interdit de livrer loin et rationalisons au maximum les déplacements ».

Au moment de lancer un « Ecosapin » français, Benoît Virot pensait être seul en France sur ce créneau, qui existe déjà en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne.

Mais quatre diplômés d’une école d’ingénieurs, âgés de 25 à 26 ans, ont eu la même idée et mis en ligne le site de location « Treezmas ». Ils frôlaient la rupture de stock en début de semaine malgré des prix jusqu’à 94 euros.

Leurs sapins, livrés à Paris et dans sa proche banlieue, ont grandi dans une pépinière de Normandie qu’ils retrouveront après les fêtes.

« L’écologie n’est pas le premier argument mis en avant, c’est pour nous un moyen de proposer un meilleur produit: un sapin frais », affirme Alexandre Cipriani, chargé de la communication et du marketing de la start-up.

« Notre système permet d’avoir un beau produit livré à domicile, tout en ayant la satisfaction de ne pas avoir gâché une ressource naturelle », ajoute-t-il.

Les quelques centaines de conifères mis à la location représentent encore une goutte d’eau dans un marché estimé à cinq millions de sapins naturels vendus à Noël en France, selon une étude de TNS Sofres pour FranceAgriMer.

« Il y a de la place pour tout le monde », sourit Benoît Virot.

© AFP

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