Conflit Hommes – Eléphants : la délocalisation n’est pas une solution

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Conflit Homme - Eléphants : la délocalisation n’est pas une solution

Sri Lanka, Meeyankulam: des soldats Sri Lankais observe les corps sans vie de 4 éléphants electrocutes en juin 1999 après avoir heurté une ligne à haute tension dans le village de Meeyankulam dans le districte de Batticaloa. © AFP PHOTO

SI la délocalisation des animaux était la solution privilégiée dans les conflits opposant les éléphants aux populations humaines, des chercheurs Américaines et Sri-Lankais viennent de démontrer que, loin d’être efficace, celle-ci augmentait en fait la fréquence des rencontres et le nombre de victimes à la fois chez les humains et chez les éléphants.

Au Sri Lanka, les conflits Homme – Eléphants sont à l’origine de la mort annuelle de près de 70 personnes et de 200 éléphants. Jusqu’à présent la solution retenue était l’éloignement des animaux. Les éléphants turbulents étaient amenés dans des parcs nationaux, le plus loin possible des populations humaines, afin d’éviter les rencontres inopinées et leurs conséquences parfois fatales.

Cependant, des scientifiques Américain et Sri-Lankais viennent de démontrer que, tout au contraire, cette solution augmentait en fait la fréquence des rencontres et le nombre de victimes à la fois chez les humains et chez les éléphants.

En marquant 12 éléphants turbulents délocalisés et 12 éléphants non délocalisés dont 10 étaient considérés comme turbulents, les chercheurs ont pu se rendre compte que la délocalisation n’était pas une bonne solution aux conflits Hommes-Eléphants. En effet, des 12 éléphants délocalisés, 2 ont été tués dans l’enceinte du parc national où ils avaient été relachés, les 10 autres ont quitté le parc entre 1 et 260 jours après avoir été relachés, presque tous ont été impliqués par la suite dans un conflit avec les populations locales tuant au total 5 personnes. Enfin, au cours des 8 mois suivant leur délocalisation, cinq de ces éléphants sont également décédés. Dès 12 éléphants qui n’avaient pas été délocalisés, aucun n’a fait de victime parmi les populations locales, un seul est tombé sous les coups d’un fusil.

Pour Peter Leimgruber, chercheur au Smithsonian Conservation Biology Institute basé aux Etats-Unis, « de nombreux projets de délocalisation, partant du principe que cette technique est efficace, ont lieu en ce moment, notre étude est la première a se pencher sur la véracité de ce postulat. Nous avons été très surpris de voir que la délocalisation n’était une solution ni pour résoudre les conflits homme-éléphants ni pour protéger l’espèce ». Selon Phys.org, le conflit Hommes-Eléphants est un problème social, économique et politique majeur de la conservation des éléphants d’Asie. C’est une des menaces les plus importante qui pèse sur l’espèce menacée dont 30000 à 50000 individus seulement survivent à l’état sauvage.

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