Le parc national de la Vanoise menacé par la fronde des stations de ski

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Le parc national de la Vanoise menacé par la fronde des stations de ski

Vue de sommets dans la Vanoise, le 12 décembre 2012 à Val d’Isère © AFP Philippe Desmazes

GRENOBLE – (AFP) – La fronde des stations de ski contre le projet de charte du parc national de la Vanoise (Savoie) menace de réduire ce dernier à la portion congrue, s’inquiètent les associations écologistes qui ont lancé mercredi à Paris un appel « sauver les parcs nationaux ».

« L’enjeu est bien national et doit faire fi des appétits locaux », écrivent dans un communiqué une dizaine d’associations qui « lancent un appel à la mobilisation de l’opinion publique pour que les parcs nationaux ne soient ni pris en otage, ni détournés de leurs missions de service public par les réactions de certaines collectivités locales ».

Soumis récemment au vote, le projet de charte du parc de la Vanoise a obtenu l’avis défavorable de 26 des 29 communes concernées.

Ces dernières fustigent un projet trop contraignant.

« Nous avons déjà trop de contraintes, il faut arrêter d’entraver le développement économique des stations », dénonce le maire Olivier Zaragoza en rappelant que 5.000 salariés vivent du tourisme à Tignes.

« Ce n’est pas au parc de décider du développement des stations. Il y a des élus pour le faire », déplore également le maire de Courchevel, Gilbert Blanc-Tailleur.

Pour leur part, les défenseurs du projet craignent que cette opposition aboutisse à réduire la portée de la charte au seul « coeur du parc » qui s’étend sur 529 km2, alors que l’aire « optimale », à laquelle les communes peuvent adhérer librement, s’étend elle sur 1.450 km2.

« Le coeur du Parc bénéficie d’une protection forte mais, déconnecté du territoire voire cerné par un développement industriel du tourisme, se trouve menacé indirectement », estiment les associations écologistes, parmi lesquelles figurent le WWF, la ligue de protection des oiseaux ou Mountain Wilderness.

Dans son aire d’adhésion, le parc est déjà parcouru par 520 remontées mécaniques réparties sur une vingtaine de stations de sports d’hiver.

Le projet, mis en ligne sur le site internet du parc national, entend « limiter le dérangement de la faune par les activités de loisirs en espaces naturels ».

Il estime que dans des secteurs « fortement aménagés, notamment en Tarentaise, la densité des équipements et leur exploitation génèrent de forts impacts négatifs sur les paysages, les espèces et les milieux naturels et pèsent sur la ressource en eau ».

« Par endroits, les besoins d’extension et les projets de liaison entre domaines se heurtent aux objectifs de protection du patrimoine naturel », peut-on aussi lire dans le projet qui reconnaît toutefois que sur le plan économique, « la réussite est plutôt éclatante ».

« En deux générations, la région, autrefois pauvre et caractérisée par un exode rural massif, s’est considérablement enrichie, au point d’être aujourd’hui parmi les plus prospères à l’échelle nationale », remarque ainsi la présidente du conseil scientifique du parc national de la Vanoise, Isabelle Mauz.

Comme les neuf autres parcs nationaux, le Parc national de la Vanoise doit adopter cette charte, qui régira son développement pour les quinze années à venir, suite à une réforme de 2006.

Une enquête publique, ouverte lundi, s’achèvera le 21 janvier. Après amendement suite à cette consultation, le Conseil d’État statuera sur le projet final puis la charte sera approuvée par décret.

« Surpris » par la fronde des stations, Yves Paccalet, conseiller régional écologiste et administrateur du Parc national de la Vanoise, a lancé une pétition afin « que la charte soit adoptée en l’état », qui a été signée par quelque 14.000 personnes.

« Nous sommes déjà en +sur-urbanisation+ avec de nombreux lits froids. Il est normal de réduire les ambitions dans ce domaine », argumente l’élu écologiste qui remettra la pétition aux commissaires enquêteurs.

« Les stations ne sont pas les seules à décider, comme son nom l’indique, il s’agit d’un parc national », poursuit Yves Paccalet qui assure avoir reçu le soutien de nombreux touristes.

La France compte dix parcs nationaux, totalisant plus de 60.000 km2, soit 9,5% du territoire.

© AFP

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