Notre-Dame-des-Landes: la tension remonte sur le terrain, les opposants sont expulsables

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Notre-Dame-des-Landes: la tension remonte sur le terrain, les opposants sont expulsables

Des gendarmes (D) et des opposants (G) au projet d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, le 12 décembre 2012 © AFP Jean-Sebastien Evrard

NOTRE-DAME-DES-LANDES – (AFP) – De nouveaux heurts ont opposé mercredi matin des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes aux forces de l’ordre sur la zone du projet, au lendemain de deux décisions de justice défavorables aux opposants.

La préfecture de Loire-Atlantique a dénoncé un « guet-apens » tandis que les opposants interrogés par l’AFP sur place ont estimé qu’ils n’avaient fait que répliquer à des « provocations » des forces de l’ordre.

Aucun gendarme n’a été blessé mais un opposant était soigné pour une blessure vraisemblablement légère à la tête en fin de matinée, a-t-on constaté sur place.

Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a autorisé mardi la destruction des nouvelles cabanes devenues symboles de la lutte anti-aéroport et la préfecture de Loire-Atlantique a indiqué mercredi que, dans la foulée, le préfet Christian de Lavernée avait demandé et obtenu de la justice l’autorisation d’expulser leurs occupants.

Les occupants n’ont plus de protection judiciaire, ont indiqué les autorités.

« Cela signifie que le préfet peut décider une intervention quand il le jugera opportun », a-t-on ajouté de source proche des pouvoirs publics.

Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, la principale organisation d’opposants, a estimé « bizarre » que la décision du tribunal ait été prise si vite.

« La justice a été saisie tout de suite (après la décision du tribunal d’autoriser la destruction des cabanes, NDLR) », ça aurait dû être une audience contradictoire. Mais les opposants n’ont pas pu se défendre, c’est pas normal ».

M. Durand a dénoncé « une justice expéditive au service de la préfecture et une justice très lente qui laisse passer les affaires des citoyens ».

Des gendarmes présents sur la zone du projet ont été mercredi matin la cible d' »actions violentes » de la part « d’individus casqués et armés », selon la préfecture.

Lors d’une première action, la préfecture affirme que les gendarmes ont été visés par une quarantaine « d’individus ». La préfecture a indiqué que certains ont disposé une « herse sur la route tandis qu’un autre groupe tentait d’attaquer les gendarmes à revers ».

Une heure plus tard, une « cinquantaine d’assaillants casqués et munis de boucliers, de frondes et de cocktails Molotov se sont attaqués à un autre peloton de surveillance ».

Plusieurs opposants présents sur place ont confirmé que des heurts les avaient opposés aux forces de l’ordre, à deux reprises et en deux lieux différents.

Parmi eux, Michel Tarin, membre historique de la coordination des opposants, a indiqué à l’AFP: « Ca a canardé des deux côtés ».

« La violence, il ne faut pas que ça continue, ça dessert tout le monde. Mais la violence vient du fait que ce territoire est occupé tant qu’on maintient la pression comme ça. Faut pas croire que ce sera sans problème », a-t-il ajouté.

« On a un peu dépassé le cadre d’une lutte, nous sommes en présence d’un +front+, la concertation interparlementaire ici tout le monde s’en contrefout et n’y croit pas », a en outre expliqué l’un des occupants des cabanes.

« Les forces de l’ordre sont considérées comme forces ennemies, nous sommes sous la menace perpétuelle d’une expulsion: ici ils ne sont pas chez eux, les forces de l’Etat ne sont pas les bienvenues », a-t-il souligné.

De son côté, la préfecture ajoute que « les attaques de ce matin sont particulièrement irresponsables et contre-productives ».

Les membres de la « commission du dialogue » mise en place par le gouvernement pour tenter de trouver une sortie de crise, sans toutefois remettre en cause le projet, sont arrivés mardi à Nantes mais aucune des parties n’a encore été contactée.

« Nous avons proposé il y a une semaine au chef de l’Etat la mise en place d’une commission de dialogue, mais qui aille au fond du dossier », a pour sa part souligné Michel Tarin. « Nous n’avons pas encore eu de réponse ».

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, prévoit que cette infrastructure soit achevée en 2017 pour remplacer l’actuel aéroport situé au sud de Nantes.

Ce dossier a pris une tournure nationale du fait de l’implication du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes, qui est particulièrement visé par les critiques des opposants à cette infrastructure, déclarée d’utilité publique en 2008.

© AFP

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