Quatre millions de pneus éliminés et valorisés à partir de stocks à l’abandon

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Quatre millions de pneus éliminés et valorisés à partir de stocks à l'abandon

Des pneus usagés sur un site de stockage attendant d’être pris en charge par Recyvalor, le 20 février 2009 à Vitrolles © AFP/Archives Gerard Julien

PARIS – (AFP) – Recyvalor, l’association créée en 2008 pour faire disparaître en huit ans les stocks de vieux pneus à l’abandon en France, a indiqué mardi avoir éliminé à ce jour 4 millions de pneus pour les réutiliser comme combustible dans des cimenteries ou comme revêtement pour aires de jeu.

« Nous sommes exactement à mi-chemin » de l’objectif fixé à cette association de 28 entreprises et acteurs du pneumatique (fabricants, concessionnaires, distributeurs), indique à l’AFP sa présidente Bénédicte Barbry.

Au rythme de 8.000 tonnes par an, plus de 60.000 tonnes de pneus laissés à l’abandon dans quelque 61 sites identifiés en 2008 doivent avoir disparu en 2016, en vertu de l’accord signé avec le ministère de l’Ecologie en 2008.

A mi-parcours, 31.000 tonnes de pneus (l’équivalent de 4,1 millions d’unités) ont été enlevées et valorisées sur 43 des 61 stocks identifiés, selon Recyvalor.

Situés pour certains en campagne, pour d’autres à proximité de zones industrielles, d’habitations ou d’axes de circulation, ces pneus sont généralement issus d’activités de recyclage qui ont tourné court, les responsables ayant abandonné les lieux sans laisser d’adresse.

Ces pneus représentent un risque important d’incendie, source de pollution atmosphérique et des sols, et sont aussi des « incubateurs à moustiques » vecteurs de possibles maladies, comme la dengue ou la fièvre chikungunya, rappelle le président de l’association Robin des Bois, Jacky Bonnemains, partenaire de Recyvalor.

Une fois enlevés, ils sont réutilisés comme combustible de substitution en cimenterie, à la place du charbon ou de coke de pétrole (67% de la valorisation en 2012), comme granulats pour les revêtements amortissants des aires de jeu pour enfants (20%) ou, à défaut, pour combler des carrières, explique Mme Barbry.

« C’est une initiative sans équivalent en Europe », assure-t-elle, saluant le bilan à mi-parcours « malgré le contexte de crise, la filière a été durement touchée et je m’attendais à ce qu’on ait des difficultés de financements ».

L’opération a coûté à ce jour 4,7 millions d’euros, pour un financement assuré pour un tiers par les producteurs de pneus, pour un autre tiers par les distributeurs et les concessionnaires et pour un dernier tiers par l’Etat.

« Cet accord est exemplaire et reproductible dans d’autres secteurs, comme pour les stations-service fermées où les pétroliers et l’ensemble des acteurs de la filière devraient se réunir pour les assainir », estime pour sa part M. Bonnemains, plaidant aussi pour une revalorisation de nombreux pneumatiques utilisés dans le secteur agricole.

©AFP

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