Maïs OGM: le Haut conseil des biotechnologies réfute les conclusions de l’étude du professeur Gilles-Eric Séralini

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Maïs OGM: le Haut conseil des biotechnologies réfute les conclusions de l'étude du Professeur Gilles-Eric Séralini

Le professeur Gilles-Eric Seralini le 28 septembre 2012 © AFP/Archives Jacques Demarthon

PARIS – (AFP) – Le Haut conseil des biotechnologies (HCB) a réfuté lundi les conclusions des travaux controversés du Pr Gilles-Eric Séralini sur la toxicité d’un maïs OGM produit par Monsanto, et a recommandé une étude « indépendante » de long terme sur ce maïs.

Le HCB estime qu’il n’y a « pas de causalité entre les événements observés et la consommation de maïs NK603, traité ou non avec l’herbicide Roundup ». « Le dispositif expérimental mis en oeuvre est inadapté aux objectifs de l’étude », estime le Haut Conseil, mandaté par le gouvernement.

« Les conclusions d’effets délétères de la consommation de maïs NK603 ne sont pas soutenues par l’analyse des résultats présentés dans l’article », publié dans la revue scientifique Food and chemical toxicology le 19 septembre, poursuit le HCB. Il estime donc que « cet article ne remet pas en cause les conclusions des évaluations précédentes sur cet OGM ».

Le Haut conseil veut néanmoins « répondre aux interrogations de la société » et recommande qu’une « étude de long terme, indépendante et contradictoire soit entreprise sous l’égide des pouvoirs publics quant à la sécurité sanitaire du maïs NK603 ».

Cette étude de long terme est préconisée par le comité économique éthique et social (Cees) du HCB pour « lever le doute » que l’étude Séralini a instillé « dans l’opinion publique », a expliqué Christine Noiville, la présidente de ce comité, lors d’une présentation de l’avis du HCB à la presse.

« L’objectif est de rassurer l’opinion publique qui ne sait plus qui et quoi croire », a-t-elle ajouté.

Le Cees recommande que le Pr Séralini fasse partie de la nouvelle étude. « C’est l’une des conditions pour que l’étude soit ensuite considérée par tous comme légitime », a déclaré Christine Noiville.

M. Séralini, un biologiste de l’université de Caen, estime que ses travaux, d’une durée inhabituelle de deux ans, montrent un risque accru de tumeurs mammaires et d’atteintes hépato-rénales pour les rats nourris avec ce maïs, associé ou pas au Roundup.

Son étude a toutefois été fortement critiquée pour sa méthodologie et l’Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa) a estimé qu’elle était « insuffisante » pour remettre en question l’innocuité du maïs étudié.

Le HCB, organisme créé en 2008 par la loi Grenelle, est systématiquement saisi par les autorités publiques pour évaluer les risques sanitaires et environnementaux associés aux plantes génétiquement modifiées.

Le HCB est composé de deux comités: l’un scientifique et l’autre économique, éthique et social.

L’Agence sanitaire française (Anses) a également été saisie du dossier et rendra son avis sur l’étude Séralini ce lundi après-midi.

© AFP

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