Inde: ultimes tractations à la conférence sur la biodiversité de l’ONU

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Inde: ultimes tractations à la conférence sur la biodiversité de l'ONU

Les ministres indienne et française de l’Environnement, Jayanthi Natarajan (centre) et Delphine Batho (droite), le 18 octobre 2012 à Hyderabad © PIB/AFP

HYDERABAD (Inde) – (AFP) – A la veille de la clôture de la conférence de l’ONU sur la biodiversité, un accord prenait forme jeudi notamment sur les océans, même si la question centrale des financements en faveur de la nature, nerf de la guerre, était toujours âprement discutée à Hyderabad.

Badge doré en forme de tigre au revers de la veste, les quelque 80 ministres présents s’activaient pour finaliser l’accord devant être adopté vendredi, au terme de deux semaines de discussions dans le sud de l’Inde.

Les discussions restaient « serrées » sur la question des financements en faveur de la biodiversité, sujet phare de la réunion, mais un accord se dessinait pour augmenter les moyens destinés aux pays en développement, selon des participants.

« On joue à se faire peur, mais on se dirige tout de même vers un accord a minima » sur les finances, a estimé Sandrine Bélier, députée européenne Verts.

Financements publics et de mécénat internationaux sont actuellement estimés à près de 10 milliards de dollars par an.

Les discussions portent notamment sur la possibilité de doubler d’ici 2015 ou 2020 les moyens publics et privés pour soutenir des mesures de conservation et la recherche dans les pays en développement, par rapport à une moyenne annuelle sur la période 2006-2010.

Mais elles portent aussi sur les garanties que pourraient apporter les pays en développement sur la bonne utilisation de ces fonds.

« Des pays comme les nôtres, en difficulté financière, font de gros sacrifices avec l’argent des contribuables, nous voulons faire en sorte que ce soit reconnu », a indiqué à l’AFP le ministre britannique de l’Environnement, Richard Benyon.

« Doubler les investissements, c’est raisonnable », a estimé pour sa part Lasse Gustavsson, directeur des programmes de conservation au WWF-International.

« Si vous raisonnez en termes de coûts, c’est beaucoup d’argent, mais si vous vous dites que vous êtes en train d’investir dans un système dont nous dépendons tous pour notre alimentation, notre eau et notre énergie, c’est un investissement sain », a-t-il argumenté.

Sur la protection des milieux marins, notamment en haute mer où ne s’appliquent pas les législations nationales, un accord a été trouvé pour adopter une liste d’une cinquantaine de zones sensibles à protéger dans le Pacifique ouest, les Caraïbes et la Méditerranée.

Ces zones sont « très importantes » car elles préfigurent des garde-fous pour les espèces marines face au développement de la pêche et de la prospection pétrolière en haute mer, a souligné Patricio Bernal, coordinateur de l’Initiative internationale sur la biodiversité océanique (GOBI) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Les décisions prises à Hyderabad peuvent avoir un impact significatif sur les négociations qui auront lieu à New York », à l’ONU, pour mettre en oeuvre concrètement à l’avenir des aires protégées en haute mer, a-t-il ajouté.

La ministre française de l’Environnement, Delphine Batho, a défendu en séance la création d’un « statut environnemental de la haute mer ».

« On ne peut protéger les océans si personne n’est responsable et s’il n y a pas de règle », a-t-elle fait valoir.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a pour sa part pointé le retard dans la création d’aires protégées sur terre comme en mer.

L’engagement international est de mettre en place, d’ici à 2020, des « aires protégées gérées efficacement et équitablement » couvrant au moins 17% des superficies terrestres et 10% des zones marines et côtières de la planète.

Les aires existantes couvrent seulement 12,7% des zones terrestres mondiales et 1,6% du domaine océanique, et mériteraient le double d’investissements pour être totalement efficaces, selon un rapport du PNUE.

© AFP

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