Des apiculteurs européens inquiets face à la position de l’UE sur les OGM

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Des apiculteurs européens inquiets face à la position de l'UE sur les OGM

Un apiculteur le 1er juin 2012 à Colomiers, dans le sud-ouest de la France © AFP/Archives Remy Gabalda

AGEN – (AFP) – Des apiculteurs européens rassemblés depuis jeudi en congrès à Agen (Lot-et-Garonne) ont manifesté leur inquiétude quant aux conséquences des OGM sur les abeilles et d’un projet européen visant à concilier apiculture et production de maïs transgénique.

« Ces plantes sont néfastes pour les abeilles », a assuré Jean-Marie Sirvins, vice-président de l’UNAF (Union nationale de l’apiculture française), en marge d’une table-ronde sur les OGM, organisée pour l’ouverture du Congrès.

« Les OGM favorisent la monoculture à grande échelle et donc éliminent la biodiversité nécessaire aux abeilles », a-t-il ajouté.

Selon L’UNAF plus de 300.000 signatures ont déjà été obtenues pour sa pétition visant à obtenir le non renouvellement de l’autorisation de culture du maïs de Monsanto MON810, génétiquement modifié, qui intervient alors qu’en mars l’ex-ministre de l’Agriculture UMP Bruno Le Maire, l’avait interdite temporairement.

Au-delà, les participants venus d’Allemagne, de Pologne ou encore d’Espagne ont évoqué les risques d’une modification, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne, de la directive Miel, modification visant selon eux à concilier les intérêts des apiculteurs et ceux des producteurs de plantes génétiquement modifiées.

Selon les apicultureurs, la Commission européenne envisagerait notamment de lever l’obligation d’information du consommateur sur la présence d’OGM dans du miel contaminé après avoir été produit par des abeilles dont les ruchers seraient trop proches, notamment, de champs de maïs génétiquement modifié.

Ce projet, estime l’Unaf dans un communiqué, serait « une exception incompréhensible au droit à l’information de chaque consommateur ».

Il permettrait surtout « d’éviter de se poser l’épineuse question de la protection des apiculteurs contre les OGM ».

« Parfois, on espace les cultures traditionnelles ou bio de celles de plantes OGM de quelques centaines de mètres. Mais les abeilles n’en ont rien à faire. Elles peuvent faire plusieurs kilomètres pour butiner », a aussi expliqué Manuel Izquierdo, un apiculteur venu d’Andalousie (Espagne).

« C’est pour cela qu’il faut interdire les cultures OGM. L’abeille est faite pour transporter du pollen d’une plante à l’autre ».

Plusieurs milliers d’apiculteurs et les représentants de syndicats européens du secteur sont attendus à Agen jusqu’à dimanche, pour ce premier congrès européen, espérant peser sur des sujets vitaux pour cette profession menacée par la surmortalité des abeilles.

Selon l’Unaf, le taux de mortalité est passé de 5 à 30% chez les abeilles en une quinzaine d’années.

© AFP

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