A la traîne dans le secteur éolien, l’Ile-de-France veut combler son retard

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A la traîne dans le secteur éolien, l'Ile-de-France veut combler son retard

Une mini-éolienne installée sur le toit de la Maison de l’air à Paris © AFP/Archives Jacques Demarthon

PUSSAY (Essonne) – (AFP) – Installations quasi inexistantes, projets qui piétinent… A la traîne dans le secteur de l’énergie éolienne, l’Ile-de-France souhaite combler son retard, malgré les réticences des riverains.

Selon le ministère du Développement durable, la puissance éolienne raccordée s’établissait fin juin à 915 megawatts (MW) en Picardie, 672 dans le Centre, 992 en Champagne-Ardenne, mais seulement 19 MW en Ile-de-France. Un chiffre extrêmement bas au regard des ambitions écologiques affichées par la région.

« On ne compte que trois grandes éoliennes sur l’ensemble de l’Ile-de-France », soupire Vincent Masureel, directeur du développement chez Nordex et Délégué régional de France Energie Eolienne (FEE). « Si on rapporte ça aux 12 millions d’habitants du territoire, ça ne pèse pas lourd ».

Implantées à Pussay (Essonne), les trois installations, gérées par le groupe Theolia, font partie d’un parc de 16 éoliennes inauguré en mai 2011, à cheval sur l’Ile-de-France et l’Eure-et-Loire. De quoi produire l’équivalent de la consommation électrique de 42.000 habitants.

Se félicitant d’être un « pionnier », le maire de la commune, Grégory Courtas (EELV), regrette le peu d’entrain pour l’éolien dans les communes franciliennes. « Les éoliennes représentent une avancée écologique importante », martèle-t-il.

A l’origine de ce retard : le manque de disponibilité foncière, qui limite les possibilités d’implantation, mais aussi et surtout –selon les défenseurs de l’éolienne– des lourdeurs administratives et un manque de volonté politique.

« Il y a des contraintes réglementaires liées notamment à la densité du bâti et à la présence des aéroports de Roissy et d’Orly. Mais ça n’explique pas tout », souligne Marion Lettry, responsable éoliennes au Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui pointe les « réticences » sur le terrain.

« On a beaucoup de mal à motiver les élus, à les mobiliser pour soutenir nos projets », complète Vincent Masureel. « Dès qu’un permis de construire est déposé, des associations introduisent des recours. Du coup, tout est très lent », assure-t-il.

Ces dernières années, plusieurs programmes éoliens ont ainsi été renvoyés aux calendes grecques, à Gironville (Seine-et-Marne) ou Boissy-la-Rivière (Essonne). Et d’autres projets pourraient être abandonnés.

« Les éoliennes défigurent le paysage. Il n’y a pas de raison pour qu’on en subisse les nuisances », justifie Angelo Vigorito, président de l’Association pour la protection du Gâtinais-Sud (APPGS), qui milite contre un projet de six éoliennes à Arville (Seine-et-Marne).

La situation pourrait-elle se débloquer ? La région, qui a rejoint en août le Club des collectivités locales éoliennes (Cléo) et adopté fin septembre son schéma régional éolien, dit l’espèrer.

Selon ce document, qui cible les « zones favorables », entre 100 et 180 éoliennes pourraient ainsi voir le jour d’ici 2020, notamment dans le sud de l’Essonne et dans le sud-est de la Seine-et-Marne. Le tout pour un potentiel de 200 à 540 megawatts.

« Ce schéma est encourageant. Ca va permettre d’accélérer le processus », estime Marion Lettry, qui pointe le retard pris vis-à-vis des objectifs du Grenelle de l’environnement, de 23% d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique en 2020. « Il va falloir mettre les bouchées doubles ».

© AFP

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