Le gouvernement confirme l’arrêt progressif des aides aux agrocarburants

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Le gouvernement confirme l'arrêt progressif des aides aux agrocarburants

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, le 25 septembre 2012 © AFP/Archives Kenzo Tribouillard

PARIS – (AFP) – Le ministère de l’Agriculture a confirmé mercredi « l’arrêt progressif » des aides gouvernementales aux agrocarburants de première génération, qualifiées par Greenpeace de « cadeau royal » aux producteurs, d’ici 2015 au lieu de 2018 comme le prévoyait la réglementation européenne.

« La réglementation européenne prévoyait une poursuite des soutiens publics jusqu’en 2018. La France anticipe l’arrêt du soutien aux agrocarburants de première génération et revient sur ce qui avait été annoncé aux industriels », a indiqué le ministère à l’AFP, en réaction à des articles de presse.

Selon le site Mediapart mercredi et Le Canard Enchaîné à paraître exceptionnellement jeudi, le ministre Stéphane Le Foll, « bon ami » (selon le Canard) du patron de la filière Xavier Beulin, également président de la FNSEA (principal syndicat agricole), a accordé à ce dernier « un cadeau de 54 millions d’euros » en renouvelant les agréments d’agrocarburants et les aides fiscales qui les accompagnent.

En annonçant en septembre ce renouvellement jusqu’au 31 décembre 2015, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault « a fait un cadeau royal aux producteurs d’agrocarburants français », estime Jérôme Frignet de Greenpeace France.

Selon Greenpeace, ces aides seront l’an prochain de « plus de 80 millions d’euros » dont « les 2/3 pour le leader européen du secteur, Sofiprotéol », présidé par M. Beulin.

L’ONG, pour qui ces aides sont « nuisibles pour le climat et la sécurité alimentaire mondiale », demande aux députés « d’amender le projet de loi de finances 2013 ».

Le ministère fait valoir que M. Le Foll avait « au contraire suscité l’ire des industriels », dont M. Beulin, en annonçant en septembre le plafonnement à 7% de la part de biocarburants de première génération dans l’essence et le diesel – contre 10% en vigueur depuis 2005.

Le ministre « s’est contenté d’honorer les engagements pris par le gouvernement précédent mais ce sera la dernière année en l’état », a-t-il souligné.

Ce renouvellement d’agrément se trouvera de fait limité à trois ans, contre cinq prévus initialement (jusqu’en 2018), insiste-t-il en évoquant la « nécessité de sauvegarder les emplois » dans les installations toujours en opération.

« La filière représente plusieurs milliers d’emplois et, contrairement à ce qui est dit, certains équipements ne sont pas amortis », souligne le ministère.

En outre, tant que « la règle européenne, qui vise à incorporer 10% d’agrocarburants, demeure, réduire brutalement en France la production ne ferait que favoriser celle dans les pays voisins », estime le ministère.

© AFP

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