22 août, le jour où la Terre aurait dû s’arrêter

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22 aout, le jour où la Terre  aurait dû s’arrêter

Décharge de Mbeubeuss dans le quartier de Malika à Dakar, Sénégal (14°48’ N – 17°19’ O). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude Dakar, capitale du Sénégal, n’est pas épargnée par les déchets. Pour de nombreux pays, la gestion des déchets demeure un problème majeur. Stocker, détruire, recycler les déchets sont les solutions les plus communément mises en place. À Mbeubeuss, la déchargeouverte en 1968 couvre une centaine d’hectares ; quelques 1 300 tonnes d’ordures y sont déversées quotidiennement. Un trésor pour le millier de « récupérateurs », des hommes et des femmes dont le métier consiste à récupérer ce qu’ils peuvent de plastiques et de métaux sur cette montagne de déchets. Cette tâche pénible et épuisante, même si elle permet de gagner correctement sa vie, est dévalorisée socialement. Sans parler des risques encourus, comme l’exposition aux métaux lourds tels le zinc et le plomb ou encore aux germes pathogènes dont ceux de la salmonelle. La fermeture et la réhabilitation de la décharge de Mbeubeus ont été annoncées. Le site devrait abriter à terme une centrale de valorisation du biogaz, fruit de la coopération entre les gouvernements du Sénégal et du Canada. Il est prévu que les «récupérateurs » soient indemnisés par les autorités et qu´ils soient accompagnés dans leurs projets de réinsertion sociale.

Cette année, il n’a fallu que 8 mois aux habitants de la Terre pour épuiser les ressources naturelles renouvelables de la planète. En effet, le Global Footprint Network vient d’annoncer que depuis le 22 août, nous vivons à crédits sur les ressources naturelles, sur la biocapacité et sur les émissions de gaz à effet de serre. C’est ce qu’il nomme « l’overshoot day », le jour du dépassement des ressources. En clair, l’humanité les consomme plus rapidement qu’elles ne se renouvellent. De plus, la planète n’a plus la capacité d’absorber naturellement les émissions de gaz à effet de serre. La pression sur les ressources naturelles s’accélère donc puisqu’en 1992 le jour du dépassement était le 22 octobre puis,10 ans plus tard, en 2002, ce jour tombait le 3 octobre. « Les nations du monde en particulier celles du sud de l’Europe, ont déjà commencé à expérimenter dans la douleur ce que cela signifie de vivre au-dessus de ses moyens. La pression sur les ressources s’avère similaire à un excès de dépense et peut devenir dévastatrice. Comme les ressources se raréfient et leurs prix ne cessent d’augmenter, les coûts pour les pays deviennent ingérables », avertit le docteur Mathis Wackernagel, Président du Global Footprint Network et un des créateurs de l’empreinte écologique. Avec son think tank, il estime que les terriens consomment 1,5 planètes par an.

Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez lire que Mathis Wackernagel a eu la courtoisie de rédiger pour la Fondation GoodPlanet.Et si nous mettions l’empreinte écologique à nos tableaux de bord ?

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