Vivre ensemble : La démocratie a l’épreuve d’Internet

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Des parlementaires ukrainiens se battent en pleine session, Ukraine © AFP PHOTO / Sergei Supinsky

Si Internet a un temps suscité l’espoir d’une société démocratique mondiale, les idéaux libertaires des premiers temps ont fait long feu. Les réseaux, mais aussi les téléphones portables et les SMS sont certes des outils précieux pour les militants du monde entier. La révolution tunisienne de 2011 a montré l’importance que pouvait prendre une page facebook, comme la révolution orange en Ukraine a montré le rôle que pouvaient jouer quelques SMS.

Mais les Etats tentent de plus en plus de contrôler ces nouveaux moyens et de s’en servir pour surveiller les populations. Les gouvernements égyptien et libyen ont échoué à le faire, au moins sur la fin. Mais le gouvernement chinois, qui a créé une Muraille de Chine virtuelle pour isoler l’ensemble de son réseau, fait disparaître les mots-clé gênants des moteurs de recherche et emprisonne les démocrates.

A une échelle moindre mais symbolique, l’instance suprême du réseau, appelée Icann, qui définit les règles d’attribution des noms de domaine (les adresses internet) et devrait donner l’exemple, est critiquée pour son manque de démocratie, ses relations avec le gouvernement américain, etc.

Les Etats ne sont pas les seuls à menacer la liberté. Les entreprises, comme Google ou Facebook, disposent de quantités phénoménales d’informations sur chacun d’entre nous. Aujourd’hui, en France, celles-ci sont utilisées pour nous faire parvenir de la publicité. Mais certains ont été licenciés pour des commentaires négatifs sur leur patron. Et que se passera-t-il demain ? Quant à la notion de vie privée, elle semble se dissoudre dans Internet, tant les individus s’empressent à détailler publiquement leur quotidien. Et à lire les ragots dont Internet encourage la prolifération.

Les technologies de l’information reflètent ainsi notre monde dans ses bons et ses mauvais côtés : ses conflits et son organisation, ses défauts et les nôtres. Ce n’est pas la technologie en elle-même, mais l’usage que nous en faisons qui détermine si son impact est positif ou négatif.

Extrait du livre « Vivre ensemble 7 milliards d’humains » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible aux éditions de la Martinière. Soutenez-nous en achetant cet ouvrage.

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