L’avenir des bidonvilles

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Guayaquil shanty towns, the biggest city in the country, Ecuador. © Yann Arthus-Bertrand / Altitude

Les bidonvilles ne sont pas que des zones de pauvreté et de précarité, ce sont aussi les acteurs d’une vie économique, d’un savoir-vivre et de réseaux sociaux.

Installés à la marge des villes, là où le terrain est de moindre valeur, les bidonvilles absorbent la majeure partie de la croissance des villes : ils accueillent souvent les paysans qui quittent leur campagne pour s’installer en ville. 27 millions de personnes s’y entassent chaque année ; sur la planète, ils hébergent plus d’un milliard de personnes – et probablement 1,4 milliard en 2020.

Les caractéristiques communes des bidonvilles sont le manque de services de base comme l’accès à l’eau courante ou à l’électricité, de mauvaises conditions sanitaires dues à l’absence d’assainissement, des logements précaires construits illégalement par leurs habitants, souvent sur des emplacements dangereux, à cause de glissements de terrain par exemple.

Les autorités entreprennent parfois de raser les bidonvilles parce qu’ils ternissent l’image de la ville, qu’ils sont perçus comme responsables de l’insécurité ou, comme Dharavi, bidonville de 700 000 habitants à Mumbai, parce qu’ils se situent à un emplacement convoité par un projet immobilier. Mais raser les bidonvilles ne fait que déplacer les habitants ; cela ne résout aucun problème et même aggrave la pauvreté de ceux qui y habitent en les éloignant des centres d’emplois.

Or, les bidonvilles sont aussi des zones dynamiques, comme Dharavi qui est la plus vaste fabrique de cuir d’Inde. Le chiffre d’affaires annuel de ses milliers de petits ateliers est estimé à 340 millions d’euros. Les sacs de cuir sont vendus à Mumbai mais aussi au Royaume-Uni et dans les pays du Golfe !

Plutôt que de raser ou d’isoler ces lieux, il faudrait au contraire tenter de mieux les intégrer à l’espace de la ville formelle. Faciliter l’accès des habitants au micro-crédit et aux emplois, pour mettre en valeur les ressources humaines qu’ils contiennent et faire reculer la pauvreté. Mieux vaudrait mobiliser les multiples ressources locales que de les stigmatiser.

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