Au cœur de la chaîne humaine pour sortir du nucléaire

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

chaîne humaine, fukushima, nucléaire, communay, notre-dame de limon, vienne,

Les maillons de la chaîne humaine entre Lyon et Vienne, 11 mars 2012 © Benjamin Grimont

Dimanche 11 mars, à l’occasion de l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima, 60 000 personnes se sont donné la main le long de la route nationale 7 entre Lyon et Avignon pour former une chaîne humaine de 230 km de long. Mais plus qu’une commémoration, cette chaîne humaine était aussi et surtout l’occasion de manifester en faveur d’une sortie du nucléaire. « Les centrales nucléaires, ça détruit la Terre ! », « Remember Fukushima », « Nucléaire, non merci ! », « Stop Fessenheim », « Stop EPR ». Dans la région la plus nucléarisée d’Europe – 14 réacteurs au total – les slogans anti-nucléaires étaient nombreux.

« Nous sommes là pour dire au gouvernement et aux candidats à la présidentielle que nous ne voulons plus du nucléaire en France », explique Eva, 24 ans, venue de Paris avec des amis. Et ils n’étaient pas les seuls à venir de loin : 128 départs en bus étaient organisés pour acheminer les maillons de la chaîne de Bretagne, de Lille, du Pays basque, des Alpes-Maritimes, d’Allemagne, de Suisse. « La radiation n’a pas de frontières, les antinucléaires non plus ! », rappelle Lisa, venue de Fribourg avec son mari et ses deux enfants qu’ils promènent dans un fût repeint en jaune et transformé en voiturette pour l’occasion.

Au bord de la RN 7 donc, des enfants, des parents, des adolescents, des retraités, tous de jaune vêtus – la couleur des antinucléaires – se tenant par la main ou reliés entre eux par des rubans. Certains sont là car « la catastrophe de Fukushima a changé notre vision du nucléaire », expliquent David et Baptiste. D’autres comme ce couple de retraités alsaciens car ils vivent en face de la centrale de Fessenheim. D’autres encore sont des militants de longue date, comme Christiane et Marie qui étaient à la manifestation contre le projet Superphénix à Creys-Malville en 1976.

Organisée par le réseau Sortir du nucléaire et soutenue notamment par Stéphane Hessel, la chaîne humaine était « l’occasion de sortir des sentiers battus, de proposer d’autres formes d’actions que les manifestations ‘traîne-savates’ habituelles », souligne Laura Hameaux, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. 60 points de rendez-vous avaient ainsi été fixés par les organisateurs. Après une petite heure de marche au départ de Notre-Dame de Limon, au nord de Vienne, la jonction avec l’autre point de rendez-vous était faite. Très vite, la nouvelle se répand entre les maillons de la chaîne. « On a réussi ! s’exclame Antonin, que sa petite fille de 7 ans ne lâche pas d’une semelle. J’espère qu’ailleurs aussi les jonctions ont été faites. » Et c’est le cas. « C’est un véritable succès, se félicite l’un des organisateurs présent parmi nous. Aujourd’hui, nous avons envoyé un message fort à tous ceux qui croient encore que le nucléaire est encore une énergie d’avenir. En Allemagne, c’est grâce à la mobilisation des citoyens que le gouvernement a pris la décision de sortir du nucléaire. En France aussi, il faut que nous soyions écoutés. »

Benjamin Grimont

Media Query: